Les enquêtes de Mma Ramotswe de Alexander McCall Smith

4 novembre 2014 at 11 h 34 min

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Pour changer un peu des romans historiques de la collection 10/18, j’ai voulu découvrir les enquêtes de Mma Ramotswe dont j’avais lu ici et là des critiques élogieuses. J’ai emprunté le premier tome à la médiathèque, prête à abandonner ma lecture si le premier chapitre n’était pas passionnant. Soyons honnête, j’y allais presque à reculons vu que ni le lieu (le Botswana et donc l’Afrique, région qui m’intéresse très peu) ni l’héroïne n’avaient de quoi m’attirer.

J’ai donc entamé ce livre trois jours avant la date limite pour le rendre. J’ai lu le premier chapitre, le second, puis le livre et les sept suivant quasiment d’affilée sans pouvoir m’arrêter. C’est dire si j’ai aimé !! Et pourtant, rétrospectivement je me rend compte que le premier chapitre est loin d’être le plus intéressant.

Precious Ramotswe a bientôt la quarantaine. Lors du décès de son père chéri, Obed Ramotswe, elle décide d’investir la somme qu’il lui a légué pour acheter une maison et ouvrir un commerce. Mais pas n’importe lequel : une agence de détective. Elle engage une secrétaire, Mma Makutsi, et compte beaucoup sur son mécanicien, M. JLB Matekoni.

J’ai lu les sept premiers tomes et j’ai adoré !! En effet, on est loin, très loin d’un univers policier. Les romans sont plus le prétexte pour suivre l’histoire des personnages, découvrir l’Afrique que mener des enquêtes. Celles-ci, quoique pouvant paraître simples (femmes trompées, petites arnaques) n’en sont pas moins plaisantes à suivre, et on est toujours heureux de voir la manière dont elles sont résolues, la plupart du temps sans bruit ni tempête. Même quand elles sont un peu plus compliquées (sorcellerie, chantage).

Il y avait des fois où l’on savait qu’il fallait dire quelque chose et, si on ne le faisait pas, on le regretterait toute sa vie.

Les romans peuvent sembler répétitif à la longue car certaines phrases reviennent très souvent (le 97 sur 100 de Mma Makutsi par exemple ou encore l’admiration de Mma Ramotswe pour Seretse Kama) mais on ne se lasse pas. D’autant qu’au fil des romans, les choses se modifient subtilement, et l’ironie d’Alexander McCall Smith se révèle très rafraîchissante.

Mma Ramotswé haussa les épaules.
– Quand j’étais petite, je regardais jouer les garçons. Je voyais comment ils étaient. Maintenant que je suis une femme, j’ai compris qu’il n’y avait pas grande différence. Les petits garçons et les hommes sont les mêmes personnes. Ils ont juste changé de vêtements, c’est tout.

J’aime énormément les personnages qui sont hauts en couleur. Et le côté irrévérencieux et malicieux de Mma Ramotswe qui trouve toujours une solution. Le côté humoristique est très présent, je me suis surprise à de nombreuses reprises à rire d’une situation ou d’une phrase de l’un des personnages.

Vous avez beaucoup de chance, affirma le joailler. Tous les hommes ne trouvent pas de grosses femmes sympathiques comme celle-ci à épouser. De nos jours, la plupart sont maigres et tyranniques. Cette femme-ci va vous rendre très heureux.

On retrouve les principaux d’un roman sur l’autre, avec un réel plaisir. Je trouve simplement dommage que les deux orphelins, Motholeli et Puso, ne soient pas davantage présents.

Cela se lit très rapidement. C’est une série vraiment excellente, et je lirais la suite avec plaisir. Moi qui étais réticente, je me suis surprise à apprécier grandement l’atmosphère du pays, ses traditions, la vie décrite.

Elle avait subvenu aux besoins de ses enfants grâce au maigre salaire gagné comme femme de ménage et au peu d’argent que lui rapportaient les travaux de couture dont elle se chargeait. L’Afrique était pleine de femmes comme elle, semblait-il, et s’il devait y avoir le moindre espoir pour ce continent ce serait sans doute à elles qu’on le devrait.

A noter que ces romans ont été adaptés en série télé de 7 épisodes. Elle est passée sur Arte il y a quelques années. Je l’avais ratée, mais je me souviens que cela m’avait fortement tentée de la regarder. Surtout parce que Richard Curtis était à l’origine du projet. Oui oui, Richard Curtis, celui-là même à l’origine de 4 mariage et 1 enterrement, Love Actually et Good Morning England, que des films cultes pour moi.

PS : non, je ne fais pas d’erreur : c’est bien Mma Makutsi et Mma Ramotswe et non « Mme », le « Mma » étant un manière polie au Botswana pour désigner une femme.

Un intérêt particulier pour les morts d’Ann Granger

29 octobre 2014 at 11 h 26 min

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Un bon petit roman policier de chez 10/18. J’aurais pu dire « ça faisait longtemps » mais non en fait car j’en ai dévoré beaucoup en début d’année. C’est cependant toujours un plaisir !

Celui-ci se déroule dans le Londres victorien, en 1865. Elisabeth Martin doit, suite au décès de son père, trouver un emploi. C’est Mrs Parry qui le lui offre : elle sera dame de compagnie. Mais son arrivée à Londres ne sera pas de tout repos : l’ancienne dame de compagnie est retrouvée morte, et Elisabeth décide de chercher par elle-même ce qui a pu arriver.

J’ai lu ce roman très rapidement. C’est bien écrit, avec une pointe d’humour très bienvenue.

Il tourna ensuite un regard féroce sur Bessie.
– Et toi, ma petite, un jour, tu feras une épouse travailleuse et digne de confiance pour un pauvre diable, et d’avance, il a toute ma sympathie.

Je regrette cependant d’avoir eu l’impression par moment que les personnages n’étaient pas assez approfondis, et que l’auteur se perdait parfois dans des péripéties pas forcément judicieuses (la demande en mariage que reçoit Elisabeth par exemple n’a que peu d’intérêt à mon avis). Elisabeth est cependant une héroïne que j’ai bien aimé, avec un caractère trempée et une langue bien pendue. Ben Ross est très sympathique également. L’ambiance du roman est agréable, l’atmosphère du Londres victorien est bien retranscrite. L’intrigue est assez classique, pas forcément passionnante.

Ce premier tome d’une série m’a donné envie de lire les suivants ! A noter aussi que la couverture est une réussite.

Le manuscrit perdu de Jane Austen de Syrie James

26 octobre 2014 at 12 h 27 min

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Bien que regardant régulièrement les dernières parutions, j’étais passée à côté de cet ouvrage. Heureusement, une critique en a été faite sur le forum le Coin des lecteurs (très positive la critique) et j’ai donc dans la foulée acheté ce roman. Je suis dans une période « Jane Austen » (les mauvaises langues pourraient dire que je n’en sors que rarement) et je me suis plongée dans ce roman dès son arrivée (et ce malgré une couverture plus que laide).

Ça a été un régal à lire. Habituée que j’étais de lire soit de mauvais romans profitant du nom de la grande romancière pour se vendre, soit des réécritures plus ou moins réussies de ses romans, j’ai été plus qu’agréablement surprise dès le début. Et ce même si le postulat de base est léger. Samantha, une américaine passionnée de Jane Austen (elle a commencé une thèse sur le sujet) découvre dans un vieux recueil de poésie une lettre de sa romancière favorite. Celle-ci y dévoile l’existence d’un manuscrit qu’elle a perdu ! Aussitôt, Samantha part sur les traces du manuscrit et va croiser la route d’Anthony et trouver le manuscrit (c’est vraiment le début de l’histoire, je ne dévoile rien !)

Ce roman comporte donc deux histoires : celle de Samantha et d’Anthony, et celle du roman de Jane Austen que vont lire les deux précédents. Autant dire que ces deux histoires sont très inégales. La première est vraiment un « prétexte » au récit « signé » Jane Austen. C’est assez basique et dès le début on sait ce qu’il va se passer. Très fleur bleue, un peu niais, j’avoue ne pas avoir trop accroché. Passe encore que Samantha en deux jours découvre une lettre de Jane Austen et un manuscrit, mais ses sentiments pour Anthony évoluent à mon avis trop rapidement, et la fin est cousue de fil blanc. J’aurais aimé plus de subtilité… Néanmoins, leur histoire est nécessaire dans la mesure où elle éclaire le manuscrit, et la vie de Jane Austen. J’ai d’ailleurs à cette occasion découvert beaucoup de choses sur elle, et c’est très agréable.

Là où le roman prend toute sa puissance, c’est dans les chapitres reproduisant le fameux manuscrit. Syrie James a réussi le tour de force d’écrire une histoire que l’on peut effectivement attribuer de manière très crédible à Jane Austen. Alors oui, si je pinaille, il y a des détails qui montrent que ce n’est pas du Jane Austen : a-t-on déjà vu l’une de ses héroïne « rougir comme une tomate » ou « avoir envie de vomir » ? J’en doute. Plusieurs tournures de phrases ou d’autres expressions du même style m’ont fait tiquer, mais dans l’ensemble l’écriture est proche. De même, le roman fait peut-être un peu « trop » Jane Austen, et on est en terrain connu : les soeurs Wabshaw font indubitablement penser à Miss Bates de Emma, Amélia à Isabella Thorpe, les Newgate aux Allen et Catherine Clifton à Eleanor Tilney, tous présents dans Northanger Abbey (j’ai d’ailleurs trouvé que bien des détails de la partie à Bath faisaient penser à ce roman), Mr Spangle a des côté de Mr Collins d’Orgueil et Préjugés… Mais après tout, ce manuscrit est sensé être antérieur aux autres oeuvres de Jane Austen, et il paraît naturel que cela ait été pour elle une source d’inspiration pour créer ses futurs personnages. Par contre, et c’est très agréable, l’histoire se tient, est très prenante. La fin parfois un peu alambiquée mais cela reste crédible et la trame générale est également semblable aux écrits de la romancière. L’ambiance, les codes de l’époque, tout est très bien respecté. On sent que Syrie James connaît son Jane Austen sur le bout des doigts, et a un énorme respect pour son oeuvre. L’héroïne, Rebecca, est très austenienne mais elle a une réelle individualité, une personnalité propre et n’est en aucun cas une pâle imitation ou une reprise des autres héroïnes féminines de Jane Austen. C’est réellement un personnage que n’aurait pas du tout renié celle-ci ! C’est d’ailleurs, à mon avis, en très grande partie une sorte d’hommage de Syrie James qui fait de Rebecca un double de Jane Austen : le manuscrit de Jane Austen serait à mon sens en partie autobiographique car Rebecca et Sarah font évidemment référence à Jane et à sa soeur Cassandra, et beaucoup des pérégrinations ressemblent à la vie de Jane Austen au moment où elle a soi-disant écrit le manuscrit. De même, d’autres personnages sont réellement attachants, et ont une individualité et une existence propre sans aucune réelle référence à d’autres romans de Jane Austen.

Alors oui, ce fameux manuscrit n’est pas de Jane Austen, et on le sent. Il n’en reste pas moins que j’ai été vraiment prise dans l’histoire, et qu’il ne manque pas grand chose pour qu’on se dise qu’en effet, cela pourrait être du Jane Austen. Une chose est sûre, je relirai le fameux manuscrit avec plaisir, rêvant qu’une telle découverte soit un jour faite pour de vrai…

Cher Mr Darcy d’Amanda Grange

22 octobre 2014 at 11 h 02 min

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Encore un livre prenant appui sur l’œuvre de Jane Austen. Après avoir décidé de revisiter chaque roman sous la forme du journal de son héros masculin (Le Journal de Mr Darcy, Le Journal du colonel Brandon), Amanda Grange a pris ici le parti de réécrire Orgueil et Préjugés sous forme épistolaire. Ce choix vient du fait qu’apparemment Jane Austen avait commencé à rédiger une autre de ses œuvres majeures, Raisons et sentiments, sous cette forme.

Autant le dire tout de suite, la forme épistolaire n’apporte pas grand chose à l’histoire. Cela alourdit l’œuvre d’origine et fait qu’il y a moins de subtilité dans les relations des personnages. Mais cela vient peut-être également du fait qu’Amanda Grange n’est pas Jane Austen, qu’elle n’a ni son talent ni sa finesse : le même roman écrit par Jane Austen aurait eu un visage différent et aurait été un régal ! C’est néanmoins très agréable et plaisant à lire.

La forme épistolaire a obligé l’auteur à inventer de nouveaux personnages. Le résultat est mitigé. C’est à mon avis une excellente idée de créer les sœurs Sotherton, filles du propriétaire de Netherfield (petit clin d’œil à Persuasion ?) On apprend ainsi pourquoi le domaine a pu être loué à Bingley, et ces trois sœurs permettent de ne pas trop réduire le nombre de correspondants, ce qui aurait vite tourner court. Cela permet également de mettre plus en avant Mary Bennet, qui écrit à Lucy Sotherton. Je sais que plusieurs lectrices (je dirais bien « lecteurs et lectrices » mais je doute que beaucoup d’hommes lisent ce genre de roman) ont été agacées par la sottise des lettres de Mary mais pour ma part cela m’a amusé. C’est également l’occasion pour Amanda Grange de faire de petits clins d’œil à Northanger Abbey. C’est en revanche beaucoup moins réussi d’introduire Philip, le cousin de Darcy qui n’a à mon avis aucun intérêt. Ce personnage m’a semblé terne et très agaçant. Les lettres échangées avec Darcy n’ont pas vraiment d’intérêt, car celui-ci aurait tout aussi bien pu les écrire au colonel Fitzwilliam. Il est également dommage qu’Amanda Grange n’ait pas plus exploité certains personnages du romans : j’aurais adoré avoir davantage de lettres de Mr Bennet ! De même, il aurait été plus intéressant de développer la correspondance entre Jane et Elisabeth.

Plusieurs autres détails m’ont gênée au cours de ma lecture. D’une part, les lettres mettent très peu de temps à s’échanger : Lizzie écrit à Jane le 2 mai et le 3 mai Jane lui répond ! Un peu rapide pour l’époque non ? Je sais c’est un détail… Un autre détail minuscule mais déplaisant selon moi est le fait que chacun appelle son correspondant par son prénom… sauf Mr Darcy ! Il écrit à son cousin « Philip » mais celui-ci répond à « Darcy » alors qu’ils portent tous deux ce nom de famille. Un peu de logique que diable !!

Néanmoins, malgré tout ces défauts, j’ai aimé ma lecture. Certaines trouvailles d’Amanda Grange sont plutôt sympathiques. Ce n’est pas un indispensable, mais  c’est une lecture plaisir qui fait passer un bon moment.

Un trèfle à quatre Plum de Janet Evanovich

20 octobre 2014 at 10 h 41 min

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Un trèfle à quatre Plum. Stéphanie doit chercher un sac rempli d’argent qui s’est perdu… Enfin pas vraiment puisque c’est Mamie Mazur qui l’a retrouvé !

Qui a peur du grand méchant Lou ? Stéphanie est confrontée à Lou, un dangereux tueur, qui s’est associé à l’homme qu’elle doit retrouver : Martin Munch.

Bon, autant je suis fan de Stéphanie, autant j’ai du mal à accrocher avec les histoires un peu sans queue ni tête dans lesquelles Diesel apparaît. Sur le roman précédent ça passait, mais là ma lecture a été plutôt laborieuse. Un trèfle à quatre Plum est plutôt sympathique à lire. Et puis Mamie Mazur est toujours aussi géniale, complètement déjantée. J’ai bien ri, ça se lit facilement. Ce n’est pas à la hauteur des enquêtes habituelles de Stéphanie mais c’est plaisant.

La seconde nouvelle m’a fait complètement décrocher. Rien à faire, je n’ai pas réussi à vraiment rentrer dedans, et je n’ai pas forcément trouvé ça drôle. Diesel est trop « déconnecté » du monde de Stéphanie, et là ça a vraiment été trop flagrant. Le singe Carl m’a paru trop bizarre et j’ai détesté le fait que le personnage de Martin Munch, que Stéphanie connaît pourtant, apparaisse ici comme un nouveau personnage, complètement différent de ce qu’il est d’habitude. J’ai réussi à terminer avec peine, et à la fin je ne comprenais plus les motivations des personnages, je ne suivais plus ce qu’il se passait. J’ajoute que Diesel me laisse complètement froide, contrairement à Morelli ou Ranger.

Ce tome-ci est donc dispensable, même si ça fait patienter en attendant la suite des aventures de Stéphanie qui ne devrait plus tarder maintenant…

Une Plum sous le sapin de Janet Evanovich

20 octobre 2014 at 10 h 36 min

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Je parlerai sans doute un jour de la série des Stéphanie Plum de Janet Evanovich. C’est l’une des meilleures séries de Chick litt/roman policier que j’ai lu ces dernières années. On peut même dire que je suis fan !

Ici, je me contenterai de parler des deux livres de nouvelles mettant en scène Stéphanie Plum et Diesel. Stéphanie Plum est chasseuse de primes. Pas très douée dans son boulot mais elle se débrouille. Ici, nous avons droit à deux nouvelles histoires de Stéphanie avec Diesel, un homme assez mystérieux.

Une Plum sous le sapin. Stéphanie doit retrouver Pierre Nauëlle. Pour cela, elle va être aidée par Diesel, un beau gosse débarqué d’on ne sait où et qui va s’incruster.

Recherche Valentin désespérément. La seconde nouvelle se passe quelques mois plus tard à la Saint-Valentin. Stéphanie accepte pour retrouver un DDC de remplir un boulot plutôt atypique pour elle : agent matrimonial. Diesel fait sa réapparition pour l’aider.

Autant prévenir, ces 2 histoires sont quand même un cran nettement en dessous des autres aventures de Stéphanie. Le côté un peu surnaturel ne colle pas du tout à l’univers de Stéphanie Plum. Diesel m’a paru très artificiel par rapport aux personnages habituels que croise notre héroïne.
Reste le fait qu’on retrouve avec un IMMENSE plaisir tous les personnages gravitant habituellement autour de Stéphanie. La seconde nouvelle m’a plus particulièrement plu, et je me suis retrouvée à pouffer de rire comme une idiote devant certaines situations.

Un bon moment de lecture en attendant la publication de la suite des aventures de Stéphanie, mais pas forcément à recommander aux non initiés à l’univers de notre chasseuse de primes.

L’Anneau de Salomon de Jonathan Stroud

20 octobre 2014 at 9 h 47 min

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De toute façon, tant qu’à avoir une mort horrible, autant y mettre du style.

Nous retrouvons Bartiméus, le djinn de quatrième niveau, toujours aussi bavard, débrouillard, sarcastique, intenable… Les événements racontés ici se déroulent des siècles avant ceux de la Trilogie de Bartiméus. Salomon règne alors sur Israël, et le pouvoir de son anneau magique lui assure la soumission de tous. Il demande à plusieurs reprises la main de Balkis, reine de Saba. Devant ses refus, il devient menaçant et la reine envoie Asmira, prêtresse gardienne et combattante hors pair, voler l’anneau et tuer son possesseur.

J’étais impatiente de lire ce roman, car j’avais adoré la Trilogie précédente (enfin, suivante dans l’ordre chronologique). Mais j’avoue être finalement déçue. D’une part, à cause de l’histoire : ça se traîne en longueur et j’ai eu du mal à y entrer. D’autre part, à cause du personnage d’Asmira. Tout comme Kitty, elle m’a insupportée et je l’ai trouvée d’une bêtise sans nom. Elle aurait mérité qu’on la secoue un peu pour lui remettre les idées en place. Pour une combattante aguerrie, je la trouve plutôt irréfléchie et idiote.

Ce qui fait que ce roman se lit quand même avec plaisir, ce sont les passages racontés par Bartiméus. Y’a pas à dire, il m’avait manqué !

— Je crois qu’il nous a pardonné, Faquarl ; regarde, il sourit, j’achève dans un coassement.
— Bartiméus… Je te rappelle qu’on a la tête en bas.
— Ah. Zut, oui, c’est vrai.

Toujours aussi drôle, j’ai bien ri à ses remarques, idées et autres notes de bas de page.

Mais on voit bien que ça n’est pas passé, et qu’il rejette toute la faute sur moi (Les coups d’œil mauvais qu’il me lance ainsi que sa froideur quand je passe par là sont très révélateurs. D’accord, ce sont des détails subtils, mais comme je suis très perspicace, ils ne m’ont pas échappé. Quant aux moments où il brandit les poings en maudissant mon nom et en me menaçant de tous les dieux de l’Égypte, ils ne font que renforcer mon hypothèse).

J’étais toujours impatiente d’en arriver aux passages où il est le narrateur. Donc rien que pour ça, je ne regrette pas ma lecture. Mais c’est dommage qu’il manquait la petite étincelle pour rendre cette histoire à la hauteur des premiers romans…

La trilogie de Bartimeus de Jonathan Stroud

17 octobre 2014 at 20 h 57 min

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Tome 1 : L’Amulette de Samarcande. Nathaniel est un jeune sorcier surdoué qui vit dans un Londres imaginaire du XXIème siècle. Les sorciers sont alors l’élite de la société, et l’Empire britannique règne sur le monde.
Pour se venger d’une humiliation, Nathaniel décide d’invoquer un démon. Mais pas n’importe lequel : Bartiméus, un djinn (surtout ne pas l’appeler « démon ») très puissant. A eux deux, ils vont vivre une aventure périlleuse.

Tome 2 : L’œil du Golem. Quelques années plus tard, on retrouve Nathaniel, très ambitieux, confronté à un problème de taille : une résistance, dont fait partie la jeune Kitty, une plébéienne (masse de ceux qui ne sont pas sorciers) et à des événements étranges qui provoquent de nombreux désastres. Sachant qu’il n’a pas le droit à l’erreur, il décide de rappeler Bartiméus pour l’aider dans sa tâche.

Tome 3 : La Porte de Ptolémée. Deux ans après les événements qui se déroulent dans l’œil du Golem, on retrouve Nathaniel dans un Londres en proie au chaos : agitation, émeutes, soulèvement des colonies lointaines… L’autorité des magiciens faiblit. Nathaniel est arrivé au sommet, Kitty continue de se cacher et Bartiméus s’affaiblit sous le joug de son maître. Ils vont devoir s’unir pour lutter contre un coup d’état.

Cette trilogie est vraiment excellente. L’histoire, qui dans le 1er tome peut paraître assez simple, se complexifie par la suite. On a même droit à une réflexion sur le pouvoir et l’autorité. Dommage que certaines révélations soient un peu trop faciles à deviner cependant, on lit sans déplaisir. Le second tome est à mon avis plus faible que les autres : certainement parce que je n’ai pas trop accroché avec l’histoire de la Résistance, très présente. Le 3ème tome en revanche est fantastique. Le style est assez simple et accrocheur. Chaque chapitre suit un des personnages principaux (Bartiméus, Nathaniel, Kitty), ce qui permet d’avoir différents points de vue. Le plus de cette série, ce sont les notes de bas de pages de Bartiméus.

Hé oui, quand il raconte, il ne peut s’empêcher de dévier du sujet et utilise ce moyen pour faire des petites remarques. Les personnages sont très attachants. On suit leur évolution au cours des tomes (même Bartiméus qui peut paraître toujours le même révèle d’autres aspects dans le 3ème tome). Kitty, que j’ai eu du mal à apprécier dans le 2d tome, est en revanche très sympathique dans le 3ème. Nathaniel a tout du gamin odieux, imbu de lui-même et de sa fonction, mais au fond très droit et en proie au doute. Quant à Bartiméus, il est tout simplement merveilleux !!!

Un brin mégalomane, insupportable, incontrôlable, bavard, irrespectueux envers son maître mais on ne peut plus sympathique, et irrésistiblement drôle !!

C’est une bonne série de fantasy destinée aux jeunes.. et moins jeunes !

Sept jours pour une éternité de Marc Levy

17 octobre 2014 at 20 h 38 min

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Parlons de choses qui fâchent : je vais critiquer pour une fois un roman que j’ai positivement détesté. Il y a quelque années, intriguée par la notoriété de Marc Levy, j’ai voulu lire un de ses romans voir si son succès était justifié. J‘ai choisi de lire Sept jours pour une éternité car l’histoire me plaisait bien. Dieu et le Diable, lassés de s’affronter depuis des siècles, décident de jouer une dernière partie : chacun met dans le jeu son meilleur élément, celui qui gagne décide du sort de l’humanité.

J’ai été horriblement déçue. Pire que ça. Le style de l’auteur ne me plait pas du tout, il n’a rien d’original et est même fade. Illisible et sans saveur. Même des amateurs sur Internet écrivent mieux. Le concept de base de l’histoire est plutôt sympa mais les personnages… J’ai trouvé l’ange d’une mièvrerie écœurante et le démon d’une méchanceté pathétique. Je n’ai pas cru une seconde à leur soi-disant idylle et au bout de 50 pages (oui, j’ai quand même tenu jusque là !) j’ai décidé de ne pas continuer. J’ai juste lu la fin pour savoir si c’était aussi inconsistant que le reste et j’ai l’impression que j’ai eu raison de ne pas tout lire. Et j’ai eu raison. J’ai lu des romans à l’eau de rose mieux écrit et bien plus passionnants que ce roman.

Je précise que je ne critique pas Marc Lévy juste parce qu’il est « grand public ». On m’a déjà reproché de ne pas l’aimer uniquement pour cette raison. Mon livre favori est Harry Potter, j’adore Eric Emmanuel Schmitt, Sophie Kinsella ou Jean-Christophe Grangé, auteurs très populaires s’il en est. Non je ne déteste pas Marc Lévy parce qu’il est populaire, je ne l’aime pas car il écrit mal selon moi et qu’il n’y a aucune profondeur dans l’histoire, dans ses personnages, dans son récit. Plat plat et plat….. Je ne base pas uniquement sur ce roman, j’ai lu Et si c’était vrai, son grand succès. Qui se lit et est nettement au dessus de Sept jours pour une éternité, mais qui ne provoque pas non plus en moi de réel enthousiasme ou de ce souffle qui vous emmène très loin…

Totto-chan, la petite fille à la fenêtre de Tetsuko Kuroyanagi

17 octobre 2014 at 19 h 44 min

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Tetsuko, dite Totto-chan, est une petite japonaise de 6 ans qui vient de se faire renvoyer de son école. Sa mère décide alors de l’inscrire dans un nouvel établissement tenu par un pédagogue hors pair : M. Kobayashi. Totto-chan va très vite s’intégrer et nous faire découvrir cette école hors du commun.

J’ai découvert ce roman totalement par hasard chez mon libraire il y a des années. La couverture rose pastel ainsi que le titre (très ressemblant à deux de mes surnoms) m’ont attiré l’oeil. Je l’ai acheté sur un coup de coeur (assez rare chez moi, je mets beaucoup de temps pour me décider d’ordinaire) et ne le regrette pas !! Cette histoire autobiographique (elle se déroule au moment de la 2ème Guerre Mondiale qui est cependant quasi absente du roman) est vraiment bien. L’héroïne, vive et enjouée, est très attachante, tout comme ses camarades de classe. Ses petites bêtises, ses découvertes, son quotidien scolaire sont une joie à découvrir. On est attendri, touché, ému et on rit beaucoup par moments. On retrouve un petit goût d’enfance. L’auteur nous offre la vision d’une école qu’on aurait tous aimé avoir, une école vers laquelle on se précipiterait le matin avec bonheur. Le directeur est un merveilleux pédagogue, l’enseignant que l’on peut rêver d’avoir, ou que l’on a eu. Il comprend parfaitement les enfants et fait tout pour leur donner du bonheur et les instruire. L’écriture est simple, sans prétention, cela se lit très vite. J’ai cependant été gênée à une ou deux reprises par certains éléments d’histoire inconnus en Occident mais qui ne comptent que quelques lignes, et ne changent rien à l’ensemble de l’histoire. Ce n’est qu’aujourd’hui, où je connais mieux le Japon et notamment le système scolaire très rigide obligeant les enfants à vivre dans un moule, que je comprends à quel point l’école de M. Kobayashi est exceptionnelle. Un gros coup de coeur !!