Edenbrooke de Julianne Donaldson

3 mars 2015 at 8 h 48 min

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Je l’avoue, j’étais extrêmement curieuse de lire ce roman à propos duquel les critiques étaient si élogieuses et qui était si souvent décrit comme étant dans la ligné des romans de Jane Austen.

Marianne vit avec sa grand-mère depuis la mort de sa mère. Elle est invitée avec sa sœur jumelle à séjourner à Edenbrooke, une magnifique propriété appartenant à une riche famille. Elle va y vivre un séjour qui va la combler.

Mon opinion est faite et je suis loin de partager les avis dithyrambiques lus à droite et à gauche. Non pas que le livre soit mauvais en soi, mais j’en attendais bien plus…

La comparaison avec Jane Austen est à mon avis à prendre avec des pincettes. On est loin de l’écriture de cet auteur. La plume de Donaldson n’est cependant pas mauvaise. Pour tout dire, j’ai lu ce livre en un clin d’œil et avec plaisir. Les sentiments des personnages sont vraiment bien décrits et fouillés. L’histoire a son propre rythme, assez lent mais agréable. J’ai beaucoup aimé les relations entre Marianne et Philip, qui ne m’ont pas semblées factices. Il y a néanmoins un point qui m’a prodigieusement agacée : je ne sais pas combien de fois « Philip ricane », mais c’est extrêmement pénible de retrouver cette expression une fois par chapitre. Et « l’aventure » finale m’a parue être en trop. Cela ajoute certes un élément dramatique à l’ensemble, mais ce n’était pas indispensable de mon point de vue.

Ce roman est donc sympathique et agréable, mais il n’en demeure pas moins qu’il ne s’agit que de littérature sentimentale assez simple (au-dessus du lot cependant) et qui ne restera pas dans ma mémoire.

Lockwood and Co tome 1 de Jonathan Stroud

28 décembre 2014 at 10 h 46 min

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Je connaissais Jonathan Stroud de par son excellente trilogie de Batimeus. J’avais également lu Héros de la Vallée qui m’avait nettement moins enthousiasmée. J’étais donc curieuse de découvrir cette nouvelle série. Les Masses critiques de Babelio m’ont permis de l’avoir très vite !

L’histoire met le fantastique à l’honneur. Il y a une cinquantaine d’année, le Problème est apparu. Des Visiteurs (nom donné aux fantômes) hantent désormais les lieux, obligeant les gens à se protéger et à ne pas sortir la nuit. Seuls les enfants sont aptes à les voir et les combattre. Des agences pour aider les gens à se débarrasser des Visiteurs se créent. Lockwood and Co est la plus petite de Londres. Et c’est là que Lucy va trouver du travail.

Un peu anxieuse de savoir si Jonathan Stroud avait réussi à être à la hauteur de mes attentes. Et franchement, il les a largement dépassées ! Ça a été un régal de lire ce roman, que j’ai dévoré.

Débarrassons-nous d’abord des quelques rares points négatifs, qui ne sont en rien imputables à Jonathan Stroud. Il s’agit de la forme. La quatrième de couverture dévoile l’enquête que vont devoir mener les héros, mais qui n’arrive qu’après 250 pages soit la moitié du roman. Je trouve ça assez moyen… Tout comme d’indiquer la critique du New York Times « l’univers familier de Sherlock Holmes et Watson, revisité à l’aune du paranormal ». Mouais… Fan de Sherlock Holmes, je n’ai absolument pas vu trace de lui ou de quoi que ce soit qui m’y fasse penser au cours de ma lecture (hormis le fait que l’action se déroule à Londres). Autre chose, la pastille rouge indiquant « Stroud est un génie – Rick Riordan » a le don de m’agacer prodigieusement car je ne connais pas ce Rick Riordan et je ne vois pas en quel honneur son nom et son avis apparaissent, d’autant que son avis me semble exagéré. Car oui, si Jonathan Stroud a écrit un excellent roman, il n’y a quand même pas de quoi crier au génie.

Ceci étant dit, le roman en lui-même est vraiment très prenant. On découvre donc Lucy et Lockwood dans une affaire qui tourne mal. Engagés pour assainir une maison, ils y mettent le feu et c’est le début des ennuis. Dans ce premier tome, on découvre Londres et la société qui y vit, dans la peur des Visiteurs. Lockwood est un jeune homme assez désinvolte, qui part à la chasse aux fantômes sans prendre trop de précautions. Lucy est dotée d’un Talent très fort (elle peut, à partir d’objets, en apprendre sur leurs propriétaires, et peut entendre les Visiteurs). Et George, troisième et dernier membre de l’agence, s’occupe des recherches aux archives. Tous ont leurs caractéristiques, sont plus ou moins sympathiques (Lucy est la narratrice, elle n’aime pas George donc il nous apparait naturellement assez antipathique).

Les personnages sont très bien croqués et décrits, même si les adultes apparaissent un peu trop caricaturaux à mon goût. De même, j’avais deviné le fin mot de l’histoire concernant le meurtrier d’Annabel Ward très tôt. Cependant, tout est fluide et se lit avec plaisir. Là où le roman est vraiment génial, c’est durant les scènes de lutte contre les Visiteurs. J’ai été complètement prise dedans, et j’avoue avoir stressé et avoir eu peur, surtout lors de l’enquête au manoir. De ce point de vue, le roman est vraiment très réussi !

Quand on pénètre dans une maison occupée par un Visiteur, il est toujours préférable de faire vite. C’est une des premières règles que l’on apprend : ne jamais hésiter, ne pas s’attarder sur le seuil.

Nul doute que les tomes qui vont suivre seront aussi passionnants, et nous en apprendront davantage sur le Problème. J’ai hâte de les lire !

Le Château d’Anne Hiversère de Claude Ponti

16 décembre 2014 at 9 h 50 min

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Blaise le poussin masqué réveille tous les poussins. Ils ont un gros travail en perspective : ils doivent préparer le Château d’Anne Hiversère en 10 jours ! Rassembler les ingrédients puis cuire le château tout en s’amusant, c’est le propre de ces poussins !

Ce livre est vraiment excellent !! D’abord les illustrations fourmillent de poussins, trop mignons, très drôles, très occupés. Je conseille très vivement le grand format, plus cher mais nettement plus agréable à lire (le petit format enlève une grande partie du plaisir de lecture). Les pages sont pleines et permettent de sans cesse découvrir quelque chose. C’est assez amusant sur chaque page de chercher Blaise le poussin masqué, le poussin qui fait une grimace, le poussin qui vole, le poussin qui lit, le poussin qui dort, celui qui a la tête dans un champignon…La fête en elle-même est un vrai régal, avec un nombre impressionnant d’invités célèbres.

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Leurs activités pour faire le château sont inventives (j’adore pour ma part la grotte de chocolat). Les dessins sont superbes, et font vraiment rêver.

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Ensuite l’histoire, toute simple mais très travaillée. Les textes sont comme toujours chez Ponti plein de jeux de mots, d’inventions, de drôlerie : Cirkedepékin répète un numéro d’acrobatie, il y a des Grobinets (gros robinets vivants !), et mention particulière pour Métébouché et Métentenskontdi, les 2 poussins qui se font un « Pète et répète sont dans un bateau ».

Un conseil, ouvrez ce petit bijou vous ne le regretterez pas ! Et ce quelque soit votre âge.

Le Sang de l’épouvanteur de Joseph Delaney

16 décembre 2014 at 9 h 23 min

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Après un tome consacré à Grimalkin, nous retrouvons Alice, Tom et son maître. Tom apprend comment vaincre le Malin, et cette révélation pèse lourd. Puis l’épouvanteur et son apprenti vont à la frontière du Comté pour acquérir des livres afin de reconstituer leur bibliothèque. Cette expédition va vite tourner au drame.

A croire que Joseph Delaney le fait exprès : il déçoit un tome, puis enchante de nouveau le suivant. Autant j’avais eu énormément de mal le tome 9, autant j’ai dévoré ce 10ème tome, vraiment très prenant.

Tom doit ici affronter de nouveaux dangers venus de Roumanie… Jospeh Delaney revoit à sa sauce le mythe du vampire. C’est bien fait, et c’est pas mal effrayant ! Car ce tome-ci est violent, comme les autres avant lui. Amateurs d’hémoglobine vous serez servis !!

Les choses évoluent, se mettent en place même si on peut regretter que le combat direct avec le Malin soit relégué en second plan. On sent le dénouement proche (mais cela doit bien faire 5 tomes que je me dis cela !!)

La Dame de Wildfell Hall d’Anne Brontë

27 novembre 2014 at 11 h 00 min

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Encore une incursion dans la littérature anglaise du XIXème siècle. Cette fois-ci, j’ai décidé de découvrir la troisième des soeurs Brontë. Charlotte est connue pour Jane Eyre, que j’avais adoré étant adolescente et que j’ai relu de nombreuses fois depuis. Emily Brontë pour Les Hauts de Hurlevent, lu également durant ma jeunesse. La notoriété de la plus jeune des soeurs est moindre, mais j’ai voulu lire l’un de ses romans. Agnès Grey est le plus célèbre, mais l’histoire de la Dame de Wildfell Hall me tentait plus.

Mrs Graham vient de s’installer au manoir de Wildfell. Elle y vit en recluse avec sa bonne et son fils de 5 ans, et demeure très distante avec ses voisins. Ceux -ci sont très intrigués, mais l’intègrent peu à peu à leur vie, tout en trouvant là matière à commérage. Gilbert Markham, un fermier aisé, se sent peu à peu attiré par la jeune femme et va finir par découvrir son secret.

J’ai vraiment aimé ce livre, mais j’ai trouvé qu’il était inégal. La première partie est très intéressante, assez classique tant dans le récit que dans les personnages. On découvre peu à peu les caractères de chacun des personnages et les relations entre eux. La seconde partie marque une rupture car il s’agit du journal de Mrs Graham, qui raconte les événements qui l’ont conduite à vivre à Wildfell Hall. La troisième partie est la conclusion de l’histoire.

J’ai trouvé qu’Anne Brontë avait (comme ses soeurs) un vrai talent pour décrire les caractères et faire vivre ses personnages. L’histoire se lit très rapidement, même si ça s’essouffle un peu en fin de seconde partie à mon goût. L’histoire en elle-même est prenante, mais Anne Brontë a un peu trop tendance à avoir un ton moralisateur dans son discours par moments. Cela tient au propos du livre, mais m’a déplu car cela était parfois trop marqué et ce sont ces passages qui m’ont paru interminables. De même, le personnage d’Helen n’a que moyennement attiré ma sympathie au début, sans doute car je la trouve trop froide et rigide, même si à la fin on se rend compte du contraire. C’est une femme d’une grande force de caractère assez admirable. Les personnages secondaires sont cependant bien plus plaisants à mon goût, et j’aime beaucoup la façon dont l’auteur décrit leurs relations. Anne Brontë ne manque pas de mordant.

Un roman considéré comme l’un des premiers à être féministes. Je comprends pourquoi même si ce n’est pas ce qui saute le plus aux yeux de nos jours, du moins dans nos pays où la femme a un statut égal à celui de l’homme. Une excellente lecture en tout cas, qui m’a donné envie de découvrir Agnès Grey du même auteur. Et d’en savoir plus sur ces 3 soeurs qui ont marqué la littérature anglaise, même si elles sont toutes mortes jeunes…

Les enquêtes du limier de Jirô Taniguchi

14 novembre 2014 at 19 h 36 min

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Taniguchi, on peut avoir l’impression que c’est toujours la même chose. Mais ce n’est pas le cas. Il y  des bons opus et d’autres qui plaisent moins. Pour moi, Les enquêtes du limier fait partie de la première catégorie.

Taku Ryûmon a pour spécialité de rechercher des chiens de chasse disparus. Ses enquêtes se suivent et ne se ressemblent pas. Dans ce premier tome, se sont deux enquêtes que nous allons suivre.

Je ne parlerai pas du dessin qui est du Taniguchi pur jus, très fouillé et beau. Côté personnage, on a affaire à un héros assez bourru, mais droit. On suit avec plaisir ses enquêtes. J’ai été très touchée par la seconde concernant le chien d’aveugle, que j’ai trouvée très belle. J’ai été heureuse de savoir que depuis l’histoire que j’avais lue dans Tokyo Babylon la situation a changée.

Un bon tome, nul doute que je lirai la suite !

Le Journal du capitaine Wentworth d’Amanda Grande

13 novembre 2014 at 13 h 52 min

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Et de trois ! Après le Journal du colonel Brandon et celui de Mr Darcy, voici celui du héros masculin de Persuasion de Jane Austen : le capitaine Frederick Wentworth !

C’est avec joie que je m’y suis plongée, car Persuasion est l’un de mes romans préférés de Jane Austen. J’aime énormément Anne Elliot et j’étais impatience de connaître les pensées du capitaine.

Comme toujours, c’est un peu bizarre un journal écrit sous cette forme : on n’y écrit pas des dialogues entiers normalement ! Mais passons… Comme toujours, l’histoire commence bien avant celle de Persuasion, à savoir 8 ans plus tôt, lors de la rencontre entre Anne et Frederick. J’ai été un peu déçue non pas de retrouver les personnages à ce moment de leur vie, mais du fait que l’histoire manque de passion. C’est tiède, on n’a pas vraiment l’impression que le capitaine Wentworth est amoureux. Après coup, je me suis dit qu’il est vrai que cela correspond plus au tempérament d’Anne et à leur histoire, mais ça manque quand même…

Passé ce premier tiers du roman, nous retrouvons les personnages huit ans plus tard. L’histoire est alors celle de Persuasion. C’est bien écrit, cela se lit avec plaisir et sans déplaisir car Amanda Grange ne colle pas trop au texte d’origine. On n’a donc pas l’impression de lire une version de Persuasion moins réussie que celle de Jane Austen.

Au final, un roman moins attrayant que les précédents, mais qui se lit quand même avec plaisir…

Grimalkin et l’Epouvanteur de Joseph Delaney

9 novembre 2014 at 16 h 14 min

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C’est avec ce neuvième tome que nous retrouvons la suite des aventures de Tom Ward. Sauf qu’ici, la narratrice est Grimalkin, la terrifiante sorcière. Elle fuit les serviteurs du Malin qui veulent récupérer sa tête, la réunir au corps et libérer de nouveau le Diable sur Terre.

J’avoue avoir été déçue par ce tome. La poursuite s’annonçait haletante, mais il n’en est rien. J’ai eu énormément de mal à entrer dans l’histoire. Ce n’est qu’aux 2/3 que j’ai réussi à vraiment m’intéresser aux péripéties. Mais je n’ai pas vraiment accroché. Cela tient peut-être au fait que pour la première fois Tom, Alice et l’épouvanteur ne sont pas présent. Mais plus certainement, c’est dû à cette chasse qui m’a semblée trop répétitive : Grimalkin ne fait que fuir, se bat, puis fuit de nouveau. Normal me direz-vous, mais singulièrement lassant. J’avais eu un peu le même sentiment lors de la lecture du tome 7 Le cauchemar de l’épouvanteur. Un tome moins intéressant que les autres selon moi, mais toujours très bon comparé à d’autres séries de jeunesse.

Ombres chinoises de Lisa See

6 novembre 2014 at 17 h 25 min

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Voici la suite de Filles de Shanghai du même auteur. Nous retrouvons ici Joy, la fille de Perle, qui s’est enfuie en Chine suite aux révélations concernant ses véritables origines. La Chine communiste l’enthousiasme, elle n’a qu’une envie : participer à cet effort collectif. Sa mère décide de partir la chercher. Ce retour en Chine est pour elle un plongeon dans le passé. La mère et la fille vont se retrouver, s’affronter, et vivre le Grand Bond en avant.

Ce roman est pour moi meilleur que Filles de Shanghai. L’histoire reprend où la précédente s’était arrêtée. On est ainsi directement plongés dans l’histoire et donc tout va très vite.

Aucun coup n’est plus douloureux que celui que vous porte un être qui prétend vous aimer plus que tout au monde.

Voir Perle revenir sur les lieux de son enfance est assez émouvant, on retrouve des personnages du tome précédent. Joy m’a un peu agacée car pour une américaine instruite, elle se comporte vraiment parfois comme une idiote.

Je ne connaissais pas du tout cette période de l’histoire chinoise, étant plus familière de la période de la Révolution Culturelle ou de la période précédente. J’ai ainsi été assez horrifiée de ce qu’il s’était passé durant ces quelques années. C’est assez terrifiant de voir à quel point les dirigeants chinois ont mis la politique au dessus du simple bon sens, menant le pays à la famine.

J’ai lu ce roman d’une traite. J’avoue que la seule chose qui m’ait déçue est la fin qui tranche trop avec le reste du roman. J’aurais aimé quelque chose de plus en demi-teinte…

Filles de Shanghai de Lisa See

5 novembre 2014 at 12 h 00 min

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Chine, 1937. May et Perle vivent à Shanghai et profitent de la vie aisée qu’elles mènent. Mais leur père est ruiné du jour au lendemain, et il les vend à des chinois de Californie. Les voici obligées de se marier puis de fuir leur pays envahi par les troupes japonaises.

J’ai lu ce roman très rapidement, en une journée. Si, si, commencé ce matin et fini dans l’après-midi (c’était un jour de congé). J’ai a-do-ré ! Bien plus que le Pavillon des Pivoines dans lequel j’ai eu un peu de mal à rentrer et que j’ai trouvé un peu longuet. Mais pas autant que Fleur de Neige cependant.

En prononçant ces mots, je me souviens du proverbe qui prétend que les catastrophes, comme les maladies, se transmettent oralement – ce qui signifie que certaines paroles peuvent se révéler aussi destructrices que les bombes.

Ce roman-ci, aucun problème pour y rentrer. Dès le départ j’ai été dedans. Même si le twist final ne m’a pas surprise (j’avais deviné quasi dès le début), j’ai quand même suivi avec passion l’histoire de May et Perle. Les relations sont comme toujours chez cet auteur bien dépeintes, les personnages subtils, pas tout noir ou tout blanc, l’histoire de la Chine en fond toujours aussi palpitante. Il y a des passages vraiment durs (notamment concernant la guerre sino-japonaise, mais j’ai lu bien pire). J’avoue cependant que May et Perle me sont parfois sorties par les yeux, avec leur égoïsme du début du roman. Et j’ai été agacée très régulièrement par les rappels comme quoi elles avaient été « de jeunes beauté ». Malgré cela, c’est un roman à lire sans hésiter.