La Quête d’Ewilan de Pierre Bottero

8 décembre 2015 at 15 h 34 min

Quête d'Ewilan

Il y a 3 mois, j’ai sorti le premier tome de la Quête d’Ewilan pour me rendre compte si la puce était assez grande pour lire cette merveilleuse série. J’ai donc lu le premier chapitre pour voir et… je n’ai finalement pas arrêté et j’ai relu tous les tomes suivants !! La puce a été vite oubliée… jusqu’à récemment où je lui ai prêté le premier tome de cette série, qu’elle a dévoré.

J’avais lu cette merveilleuse série il y a 10 ans. Je suis très heureuse de la relire : j’avais conservé de bons souvenirs de certains passages, mais j’en ai redécouvert bien d’autre avec joie !!

La Quête d’Ewilan est l’histoire de Camille. Elle découvre un jour qu’elle a un don : elle sait dessiner. C’est-à-dire faire basculer dans la réalité ce qu’elle imagine. Et cette découverte s’accompagne d’une autre tout aussi surprenante : elle vient d’un autre monde, Gwendalavir, où la guerre fait rage. Le royaume est assiégé de toutes parts, menacé par les Rhaïs (guerriers cochons venus du nord) et les Tsliches (sorte de mante religieuse géante). Les Sentinelles, dessinateurs les plus doués de l’Empire, ont été emprisonnées et ne peuvent plus défendre Gwendalavir. Ewilan va tenter de sauver ce monde qui est le sien, avec l’aide de son ami Salim et d’autres personnes rencontrées dans sa quête.

On est pris dès les premières lignes dans cette histoire passionnante. Le très regretté Pierre Bottero avait vraiment un don pour l’écriture, et on est tout de suite happé dans cette histoire. Le monde qu’il décrit mélange avec bonheur des éléments familier et fantastiques. En suivant les aventures d’Ewilan, on se promène dans tout le pays, et c’est tout simplement merveilleux.

Les personnages peuvent sembler caricaturaux mais il n’en est rien : Siam la jeune et belle guerrière semble placer l’honneur et la force au dessus de tout, mais n’est-elle pas trop fascinée par la puissance ? Maître Duom est sage et savant, cependant il paraît très bougon. Le rêveur Artis Valpierre semble très effacé, mais fait parfois preuve d’une force inattendue. Le groupe de compagnons d’Ewilan fonctionne ainsi très bien, et chaque personnage a un intérêt et peu trouver un écho chez le lecteur.

C’est un peu difficile de dire tout l’enthousiasme et tout le plaisir que j’ai eu à relire cette série. L’action avance vite, mais il y a des moments de pause bienvenus, le rythme et le ton de l’auteur sont justes. Bref, c’est un réel bonheur à lire et relire !

La Quête d’Ewilan est suivie par Les Mondes d’Ewilan. Le ton de l’auteur y est plus mature, les aventures sont bien plus sombres que dans la première trilogie (le tome d’ouverture La Forêt des captifs notamment est assez noir). De plus, Pierre Bottero a réussi à trouver une fin parfaite pour cette saga, tout en nuances.

A noter que le troisième tome d’une autre de ses séries (Ellana, qui se centre sur la marchombre, personnage phare de la saga des Ewilan) se passe après les événements d’Ewilan, et fait en quelque sorte office de suite.

Le Soldat chamane – Robin Hobb

26 octobre 2015 at 22 h 38 min

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Robin Hobb est un auteur mondialement reconnue pour sa série de l’Assassin royal. Une série que j’avais dévoré il y a quelques années. Ses autres séries prenant place dans ce univers (Les Aventuriers de la Mer, La Cité des anciens) m’ont également procuré des heures et des heures de lecture plus qu’agréables.

Pour le Soldat chamane, il en est tout autrement. J’ai tenté une fois, puis une seconde, de me lancer dans cette nouvelle série. Impossible de dépasser le premier tiers du roman, et encore c’est avec difficulté que je suis arrivée jusque là. Mais je ne me suis pas découragée, et il y a peu j’ai décidé de retenter une dernière fois. Et là, enfin, la magie Hobb a opéré.

L’univers est très différent de ses autres séries. Ici, l’action se passe en Gernie, royaume fantastique mâtiné de Far-West. La société est régie par des règles précises (le second fils devient militaire, les femmes sont soumises et n’ont de valeur que par leur mariage…) Mais la magie est présente, quoique réfutée par les Gerniens qui ne la pratiquent pas, contrairement aux peuples qu’ils combattent (Nomades, Ocelliens).

Jamère Burvelle, le héros, a son destin tracé : en tant que second fils, il intègrera la cavalla, deviendra militaire, épousera la femme que son père a choisi pour lui. Mais lors de sa quinzième année, son père le confie à Dewara, un Nomade ennemi, pour qu’il apprenne de nouvelles choses. Mais tout ne se passe pas comme prévu, et lors d’une expérience chamanique Jamère rencontre la magie, et va devenir son instrument.

Le premier tome est en grande partie consacré à la vie de Jamère sur la propriété familiale, à son éducation et bien entendu à l’événement fondateur de sa vie : la rencontre avec la magie. On le voit ensuite partir pour Tharès-La-Vieille suivre l’enseignement pour devenir officier de la cavalla. Là-bas, il va découvrir les dissensions entre « anciens » et « nouveaux » nobles. Le second tome se centre sur la vie de Jamère à l’école, et l’événement dramatique qui va survenir lors de la fête de la Nuit Noire.

Autant le premier tome est long, (très long !) à se mettre en place, autant une fois passée la rencontre de Jamère avec Dewara et la magie, tout s’enchaîne de manière plus fluide, et tout devient passionnant. J’étais complètement prise dans le second tome qui est complètement haletant. Une fois qu’on connaît mieux Jamère, son caractère, son personnage, tout est plus intéressant. De même, plus l’histoire avance et nous en apprend sur la Gernie, plus on a envie d’en savoir.

Les troisième, quatrième et cinquième tomes s’intéressent à la vie de Jamère après son départ de la cavalla. Je n’en dévoile pas d’avantage ! Mais ces tomes là sont palpitants, on voit l’évolution de Jamère, la manière dont il prend conscience des choses, dont il s’éveille à la magie. On est out simplement happés dans son univers.

Je n’ai pas encore lu les 3 derniers tomes, mais cela ne saurait tarder. Soyons honnête, je trouve que cette série est quand même nettement en dessous de l’Assassin Royal mais elle est à mon avis aussi bonne voire meilleure que la Cité des Anciens. Je déplore par ailleurs cette habitude que les éditeurs français ont de saucissonner les romans de fantasy anglo-saxons en 2 voire 3 tomes !! Que c’est exaspérant..

Et dire que j’ai failli passer à côté de cette excellente série !

La citadelle des ombres – Prélude : Le prince bâtard de Robin Hobb

5 mai 2015 at 8 h 34 min

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L’un des éléments principaux de la fameuse série de l’Assassin Royal de Robin Hobb (indispensable à lire pour tout amateur de fantasy !) est la possession du Vif par le héros, Fitz. Ici, Robin Hobb nous raconte l’origine de la haine pour le Vif par les habitants des Six Duchés, et donc l’histoire du célèbre Prince Pie.

Le récit est fait à la première personne par Félicité, jeune domestique attachée au service de la princesse Prudence. Elle va assister à l’histoire d’amour entre prudence et un jeune étranger, puis à la naissance et à la vie du Prince Pie, doté du Vif.

J’ai bien aimé l’histoire et comme toujours, la plume de Robin Hobb est juste parfaite pour décrire personnages et événements. J’ai trouvé la chute de l’histoire très bien trouvée. Cependant, il m’a manqué un petit quelque chose pour être complètement convaincue et comblée, un petit goût de trop peu. Il faut dire que c’est plus une nouvelle qu’un roman tant c’est court… Dommage, mais c’est une lecture bien agréable tout de même, que je ne regrette pas !

Le Sang de l’épouvanteur de Joseph Delaney

16 décembre 2014 at 9 h 23 min

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Après un tome consacré à Grimalkin, nous retrouvons Alice, Tom et son maître. Tom apprend comment vaincre le Malin, et cette révélation pèse lourd. Puis l’épouvanteur et son apprenti vont à la frontière du Comté pour acquérir des livres afin de reconstituer leur bibliothèque. Cette expédition va vite tourner au drame.

A croire que Joseph Delaney le fait exprès : il déçoit un tome, puis enchante de nouveau le suivant. Autant j’avais eu énormément de mal le tome 9, autant j’ai dévoré ce 10ème tome, vraiment très prenant.

Tom doit ici affronter de nouveaux dangers venus de Roumanie… Jospeh Delaney revoit à sa sauce le mythe du vampire. C’est bien fait, et c’est pas mal effrayant ! Car ce tome-ci est violent, comme les autres avant lui. Amateurs d’hémoglobine vous serez servis !!

Les choses évoluent, se mettent en place même si on peut regretter que le combat direct avec le Malin soit relégué en second plan. On sent le dénouement proche (mais cela doit bien faire 5 tomes que je me dis cela !!)

Grimalkin et l’Epouvanteur de Joseph Delaney

9 novembre 2014 at 16 h 14 min

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C’est avec ce neuvième tome que nous retrouvons la suite des aventures de Tom Ward. Sauf qu’ici, la narratrice est Grimalkin, la terrifiante sorcière. Elle fuit les serviteurs du Malin qui veulent récupérer sa tête, la réunir au corps et libérer de nouveau le Diable sur Terre.

J’avoue avoir été déçue par ce tome. La poursuite s’annonçait haletante, mais il n’en est rien. J’ai eu énormément de mal à entrer dans l’histoire. Ce n’est qu’aux 2/3 que j’ai réussi à vraiment m’intéresser aux péripéties. Mais je n’ai pas vraiment accroché. Cela tient peut-être au fait que pour la première fois Tom, Alice et l’épouvanteur ne sont pas présent. Mais plus certainement, c’est dû à cette chasse qui m’a semblée trop répétitive : Grimalkin ne fait que fuir, se bat, puis fuit de nouveau. Normal me direz-vous, mais singulièrement lassant. J’avais eu un peu le même sentiment lors de la lecture du tome 7 Le cauchemar de l’épouvanteur. Un tome moins intéressant que les autres selon moi, mais toujours très bon comparé à d’autres séries de jeunesse.

L’Anneau de Salomon de Jonathan Stroud

20 octobre 2014 at 9 h 47 min

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De toute façon, tant qu’à avoir une mort horrible, autant y mettre du style.

Nous retrouvons Bartiméus, le djinn de quatrième niveau, toujours aussi bavard, débrouillard, sarcastique, intenable… Les événements racontés ici se déroulent des siècles avant ceux de la Trilogie de Bartiméus. Salomon règne alors sur Israël, et le pouvoir de son anneau magique lui assure la soumission de tous. Il demande à plusieurs reprises la main de Balkis, reine de Saba. Devant ses refus, il devient menaçant et la reine envoie Asmira, prêtresse gardienne et combattante hors pair, voler l’anneau et tuer son possesseur.

J’étais impatiente de lire ce roman, car j’avais adoré la Trilogie précédente (enfin, suivante dans l’ordre chronologique). Mais j’avoue être finalement déçue. D’une part, à cause de l’histoire : ça se traîne en longueur et j’ai eu du mal à y entrer. D’autre part, à cause du personnage d’Asmira. Tout comme Kitty, elle m’a insupportée et je l’ai trouvée d’une bêtise sans nom. Elle aurait mérité qu’on la secoue un peu pour lui remettre les idées en place. Pour une combattante aguerrie, je la trouve plutôt irréfléchie et idiote.

Ce qui fait que ce roman se lit quand même avec plaisir, ce sont les passages racontés par Bartiméus. Y’a pas à dire, il m’avait manqué !

— Je crois qu’il nous a pardonné, Faquarl ; regarde, il sourit, j’achève dans un coassement.
— Bartiméus… Je te rappelle qu’on a la tête en bas.
— Ah. Zut, oui, c’est vrai.

Toujours aussi drôle, j’ai bien ri à ses remarques, idées et autres notes de bas de page.

Mais on voit bien que ça n’est pas passé, et qu’il rejette toute la faute sur moi (Les coups d’œil mauvais qu’il me lance ainsi que sa froideur quand je passe par là sont très révélateurs. D’accord, ce sont des détails subtils, mais comme je suis très perspicace, ils ne m’ont pas échappé. Quant aux moments où il brandit les poings en maudissant mon nom et en me menaçant de tous les dieux de l’Égypte, ils ne font que renforcer mon hypothèse).

J’étais toujours impatiente d’en arriver aux passages où il est le narrateur. Donc rien que pour ça, je ne regrette pas ma lecture. Mais c’est dommage qu’il manquait la petite étincelle pour rendre cette histoire à la hauteur des premiers romans…

La trilogie de Bartimeus de Jonathan Stroud

17 octobre 2014 at 20 h 57 min

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Tome 1 : L’Amulette de Samarcande. Nathaniel est un jeune sorcier surdoué qui vit dans un Londres imaginaire du XXIème siècle. Les sorciers sont alors l’élite de la société, et l’Empire britannique règne sur le monde.
Pour se venger d’une humiliation, Nathaniel décide d’invoquer un démon. Mais pas n’importe lequel : Bartiméus, un djinn (surtout ne pas l’appeler « démon ») très puissant. A eux deux, ils vont vivre une aventure périlleuse.

Tome 2 : L’œil du Golem. Quelques années plus tard, on retrouve Nathaniel, très ambitieux, confronté à un problème de taille : une résistance, dont fait partie la jeune Kitty, une plébéienne (masse de ceux qui ne sont pas sorciers) et à des événements étranges qui provoquent de nombreux désastres. Sachant qu’il n’a pas le droit à l’erreur, il décide de rappeler Bartiméus pour l’aider dans sa tâche.

Tome 3 : La Porte de Ptolémée. Deux ans après les événements qui se déroulent dans l’œil du Golem, on retrouve Nathaniel dans un Londres en proie au chaos : agitation, émeutes, soulèvement des colonies lointaines… L’autorité des magiciens faiblit. Nathaniel est arrivé au sommet, Kitty continue de se cacher et Bartiméus s’affaiblit sous le joug de son maître. Ils vont devoir s’unir pour lutter contre un coup d’état.

Cette trilogie est vraiment excellente. L’histoire, qui dans le 1er tome peut paraître assez simple, se complexifie par la suite. On a même droit à une réflexion sur le pouvoir et l’autorité. Dommage que certaines révélations soient un peu trop faciles à deviner cependant, on lit sans déplaisir. Le second tome est à mon avis plus faible que les autres : certainement parce que je n’ai pas trop accroché avec l’histoire de la Résistance, très présente. Le 3ème tome en revanche est fantastique. Le style est assez simple et accrocheur. Chaque chapitre suit un des personnages principaux (Bartiméus, Nathaniel, Kitty), ce qui permet d’avoir différents points de vue. Le plus de cette série, ce sont les notes de bas de pages de Bartiméus.

Hé oui, quand il raconte, il ne peut s’empêcher de dévier du sujet et utilise ce moyen pour faire des petites remarques. Les personnages sont très attachants. On suit leur évolution au cours des tomes (même Bartiméus qui peut paraître toujours le même révèle d’autres aspects dans le 3ème tome). Kitty, que j’ai eu du mal à apprécier dans le 2d tome, est en revanche très sympathique dans le 3ème. Nathaniel a tout du gamin odieux, imbu de lui-même et de sa fonction, mais au fond très droit et en proie au doute. Quant à Bartiméus, il est tout simplement merveilleux !!!

Un brin mégalomane, insupportable, incontrôlable, bavard, irrespectueux envers son maître mais on ne peut plus sympathique, et irrésistiblement drôle !!

C’est une bonne série de fantasy destinée aux jeunes.. et moins jeunes !