Ombres chinoises de Lisa See

6 novembre 2014 at 17 h 25 min

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Voici la suite de Filles de Shanghai du même auteur. Nous retrouvons ici Joy, la fille de Perle, qui s’est enfuie en Chine suite aux révélations concernant ses véritables origines. La Chine communiste l’enthousiasme, elle n’a qu’une envie : participer à cet effort collectif. Sa mère décide de partir la chercher. Ce retour en Chine est pour elle un plongeon dans le passé. La mère et la fille vont se retrouver, s’affronter, et vivre le Grand Bond en avant.

Ce roman est pour moi meilleur que Filles de Shanghai. L’histoire reprend où la précédente s’était arrêtée. On est ainsi directement plongés dans l’histoire et donc tout va très vite.

Aucun coup n’est plus douloureux que celui que vous porte un être qui prétend vous aimer plus que tout au monde.

Voir Perle revenir sur les lieux de son enfance est assez émouvant, on retrouve des personnages du tome précédent. Joy m’a un peu agacée car pour une américaine instruite, elle se comporte vraiment parfois comme une idiote.

Je ne connaissais pas du tout cette période de l’histoire chinoise, étant plus familière de la période de la Révolution Culturelle ou de la période précédente. J’ai ainsi été assez horrifiée de ce qu’il s’était passé durant ces quelques années. C’est assez terrifiant de voir à quel point les dirigeants chinois ont mis la politique au dessus du simple bon sens, menant le pays à la famine.

J’ai lu ce roman d’une traite. J’avoue que la seule chose qui m’ait déçue est la fin qui tranche trop avec le reste du roman. J’aurais aimé quelque chose de plus en demi-teinte…

Filles de Shanghai de Lisa See

5 novembre 2014 at 12 h 00 min

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Chine, 1937. May et Perle vivent à Shanghai et profitent de la vie aisée qu’elles mènent. Mais leur père est ruiné du jour au lendemain, et il les vend à des chinois de Californie. Les voici obligées de se marier puis de fuir leur pays envahi par les troupes japonaises.

J’ai lu ce roman très rapidement, en une journée. Si, si, commencé ce matin et fini dans l’après-midi (c’était un jour de congé). J’ai a-do-ré ! Bien plus que le Pavillon des Pivoines dans lequel j’ai eu un peu de mal à rentrer et que j’ai trouvé un peu longuet. Mais pas autant que Fleur de Neige cependant.

En prononçant ces mots, je me souviens du proverbe qui prétend que les catastrophes, comme les maladies, se transmettent oralement – ce qui signifie que certaines paroles peuvent se révéler aussi destructrices que les bombes.

Ce roman-ci, aucun problème pour y rentrer. Dès le départ j’ai été dedans. Même si le twist final ne m’a pas surprise (j’avais deviné quasi dès le début), j’ai quand même suivi avec passion l’histoire de May et Perle. Les relations sont comme toujours chez cet auteur bien dépeintes, les personnages subtils, pas tout noir ou tout blanc, l’histoire de la Chine en fond toujours aussi palpitante. Il y a des passages vraiment durs (notamment concernant la guerre sino-japonaise, mais j’ai lu bien pire). J’avoue cependant que May et Perle me sont parfois sorties par les yeux, avec leur égoïsme du début du roman. Et j’ai été agacée très régulièrement par les rappels comme quoi elles avaient été « de jeunes beauté ». Malgré cela, c’est un roman à lire sans hésiter.

Fleur de Neige de Lisa See

8 octobre 2014 at 14 h 00 min

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Fleur de Lis est née dans une famille paysanne dans la Chine du 19ème siècle. Son destin est tracé puisqu’elle est une femme : avoir les pieds bandés, faire le meilleur mariage possible et avoir des enfants, surtout des fils. Mais Fleur de Lis a des pieds parfaits, et va donc pouvoir s’élever dans la hiérarchie sociale, et surtout avoir une laotong, c’est-à-dire une amie, une confidente, presque une sœur. Ce sera Fleur de Neige, issue d’une famille lettrée et au riche passé. On va suivre la vie de ces deux fillettes dans l’univers clos des intrigues de femmes.

C’est vraiment une histoire bouleversante. On découvre la vie quotidienne des femmes de cette époque et toute la cruauté qui y est liée. Considérées comme des « branches mortes » les femmes sont délaissées, par leur famille même.

Aujourd’hui encore, après toutes ces années, j’ai de la peine en repensant aux sentiments que ma mère m’inspira ce jour-là. Je vis avec une clarté confondante que je ne comptais pas le moins du monde à ses yeux. J’étais son troisième enfant, une fille de surcroìt- c’est-à-dire sans valeur – et trop insignifiante pour qu’elle perde son temps à s’occuper de moi avant d’avoir la certitude que je passe le cap de mes jeunes années.

Le supplice des pieds bandés est perpétué par celles-là même qui en ont cruellement souffert (ces scènes sont particulièrement dures, voire insoutenables, autant prévenir). On est vraiment révolté en lisant.

Lorsque la souffrance s’avérait insoutenable et que mes larmes mouillaient mes bandages ensanglantés, ma mère venait me parler à l’oreille et m’encourageait à supporter une heure, un jour, une semaine de tourments supplémentaire, en me rappelant le bonheur qui m’attendait si je tenais bon un peu plus longtemps.

Tout le roman est superbe, jusqu’à la révélation finale.

Un vrai bijou à découvrir !!