Le Mystère Sherlock de J.M. Erre

14 octobre 2014 at 14 h 54 min

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Entendons-nous bien, je suis fan de Sherlock Holmes. Et ce depuis mon adolescence. J’ai lu et relu de nombreuses fois les écrits de Conan Doyle. Puis je me suis attaquée à toute la littérature autour du personnage, j’ai adoré la série avec Jeremy Brett. Tout ça pour dire que dans le domaine de Sherlock Holmes, il y a du bon, de l’excellent, et du très mauvais. J’en ai assez lu et vu pour différencier.

Pour moi, le Mystère Sherlock est l’un des meilleurs pastiches holmésiens que j’ai lus. Et pourtant, nulle part Sherlock Holmes n’est présent en personne, même si son ombre plane sur toutes les pages.

L’histoire de base est complètement loufoque : des universitaires spécialistes de Sherlock Holmes (oui oui, dans ce roman ça existe !) se retrouvent pour un colloque en Suisse. L’enjeu est de taille : devenir le titulaire de la toute nouvelle chaire d’holmésologie. Mais peu à peu, dans l’hôtel bloqué par la neige, la peur s’installe avec la mort de plusieurs d’entre eux.

Contrairement à ce que le résumé peut laisser penser, ce roman est écrit sur le mode humoristique. Personnellement, j’ai aimé ce ton mais il est vrai qu’à certains moments cela peut sembler un peu lourd. Par exemple, l’insistance sur la sénilité du professeur Bobo est pesante après avoir fait rire une ou deux fois.

J’ai aussi regretté de trouver le fin mot de l’histoire très vite (presque dès le début je dirais) mais cela n’a en rien enlevé de la saveur à ma lecture.

Même si j’ai adoré ce roman, je ne sais pas du tout si un non-fan peut s’y retrouver tant les références diverses sont nombreuses. C’est plus un livre sur les holmésiens que sur Sherlock Holmes, et il faut être un minimum toqué du grand détective pour apprécier pleinement à mon avis. Et on sent que JM Erre est un fan, et qu’il connaît son sujet !

H comme Holmésien : Mammifère bibliophile vouant une passion à Sherlock Holmes. Les spécialistes – à l’université et à l’hôpital – distinguent plusieurs catégories d’holmésiens. Les niveaux 1 à 3 désignent les amateurs du détective anglais créé par Arthur Conan Doyle en 1887. Ils aiment à lire et à relire les quatre romans et cinquante-six nouvelles qui forment le « Canon » holmésien, scrutent la sortie en librairie des innombrables pastiches consacrés à Holmes, et ne rechignent pas à s’aventurer dans les enquêtes des concurrents, Hercule Poirot ou Harry Dickson. Pour résumer, mis à part une tendance un peu pénible à s’exclamer à tout propos « Élémentaire mon cher Watson », ils sont inoffensifs.
Les niveaux 4 à 6 correspondent à des holmésiens initiés. Pour ces adulateurs du Canon, la frontière en la fiction et la réalité se trouble par moments. On se met à privilégier le texte original en anglais, on se lance dans des analyses textuelles, on adhère à une « société holmésienne », on suit des colloques. Bref, on commence à fatiguer ses proches.
Enfin les holmésiens de niveaux 7 à 10 forment une caste à part. Pour eux, les choses sont claires : Sherlock Holmes à bel et bien existé et Conan Doyle n’était que l’agent littéraire du docteur Watson, biographe du détective londonien. A ce stade, la fiction n’existe plus, les écrits de Watson sont parole d’Évangile, l’étude des textes sacrés devient le centre de toutes les préoccupations, on s’attaque à énigmes métaphysiques fondamentales comme la date de naissance de Holmes ou le nombre de mariage de Watson.
Et, dans le meilleur des cas, on essaie de prendre ses pilules tous les matins.

Une excellente lecture que je recommande vivement !

DIY : Créations pour un mariage parfait

12 octobre 2014 at 20 h 41 min

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Une nouvelle Masse critique étant en cours, j’ai sélectionné plusieurs ouvrages. Le tirage au sort m’a permis de recevoir celui-ci : Do it Yourself : Créations pour un mariage parfait.

Alors non, je n’ai pas de mariage prévu à l’horizon. Mais j’avais vu sur Amazon deux critiques indiquant que cet ouvrage pouvait servir aussi bien pour un mariage que pour l’organisation d’une fête, d’un anniversaire… Aimant bien le fait main, les créas maison, ce livre m’a tentée.

L’auteur de l’ouvrage est Axelle Katrantzis-Wolters (elle est l’auteur du blog la Princesse aux bidouilles). Je ne connaissais pas mais j’aime bien.

Le livre est divisés en plusieurs parties : la papeterie, la déco, les mariés, la cérémonie, les urnes et le photobooth, le dessert, les petits cadeaux. C’est donc assez varié. Et agréable à feuilleter : la mise en page est claire, aérée, jolie, j’aime bien le papier utilisé (je sais que c’est bête mais c’est le genre de choses auxquelles je suis sensible). Les photos sont sympathiques et la vue d’ensemble des réalisations dans un contexte peu donner bien plus d’idées qu’il n’y paraît au premier abord. La plupart des réalisations sont expliquées point par point et de manière assez détaillée. La partie sur la papeterie notamment est bien faite car j’ai l’impression qu’en suivant les instruction on peut arriver à faire des cartes avec de belles finitions et un beau rendu. Certaines idées sont assez originales pour que ce soit la première fois que je les vois, et ça c’est toujours bon à prendre (le halo lumineux ou les strass sur semelle sont par exemple originales).

Voilà pour les points positifs. Passons maintenant à ce qui pêche. Et c’est cette impression qui a dominé mon premier feuilletage : je suis déçue. Déçue par les réalisations proposées. Plusieurs sont faites à l’aide de « perles à repasser » : je ne connais pas, et je n’aime pas du tout le côté trop enfantin, limite bidouillage d’enfant.

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Ce qui m’a aussi parfois un peu consternée est que j’ai eu l’impression que si je tentais certaines idées, cela aurait vraiment un côté trop amateur et un rendu très maladroit (j’ai assez fait de créas maison pour savoir quel peut être le rendu réel d’une idée belle sur le papier). De plus, certaines idées sont vraiment simplistes. Créer une barrette à partir de 2 strass ou une broche pour homme à partir d’une épingle et d’une figurine… Oui mais non. Des idées aussi simples, je n’ai pas besoin d’un ouvrage pour la mettre en œuvre. Idem pour les moulins à vent en papier : j’ai exactement fait la même chose pour l’anniversaire de la puce il y a quelques mois sans avoir eu besoin d’aide ou de conseil, et en trouvant l’idée de moi-même. Le photobooth proposé est très classique, et on peut trouver sur Internet des versions plus élaborées. Le souci majeur de cet ouvrage est là : quand on est habitué à beaucoup créer soi-même, il est facile de trouver sur Internet des idées, de s’en inspirer pour trouver ses propres idées. Qui souvent sont plus complètes que ce que cet ouvrage propose.

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Alors oui, si on n’est pas habitué à créer, à chercher, à décorer soi-même cet ouvrage est une bonne base. Je dirais même qu’une future mariée (ou l’organisateur d’une fête) qui ne sait pas quoi faire, vers où s’orienter, c’est un livre qui lui apportera beaucoup. Mais quelqu’un de plus aguerri pourra passer son chemin. Pour ma part, malgré les quelques idées sympathiques que j’y ai trouvées, je ne l’aurais pas acheté mais plus certainement emprunté à la bibliothèque.

Après avoir écrit ma critique, je l’ai postée sur Babelio. A cette occasion, je me suis rendue compte qu’une autre personne avait elle aussi effectué la sienne, qui rejoint très largement ce que je peux dire ici : AimerlesDimanches

Elinor Jones d’Algésiras et Aurore

10 octobre 2014 at 16 h 58 min

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La maison Tiffany est réputée pour ses créations de couture. Elinor Jones éprouve une grande fierté à avoir été recrutée pour y être couturière. Mais elle va très vite découvrir ce qui ce cache derrière cette gloire. Entre le mystérieux Chao, Bianca la caractérielle, Heng le silencieux, elle va devoir trouver ses marques. Et affronter ses propres démons.

Le premier tome relate l’arrivée d’Elinor, et le premier bal. Ces bals sont organisés à l’occasion de chaque saison par la maison Tiffany et permettent de présenter la collection. Les second et troisième tomes se centreront sur les bal de printemps et d’été. L’histoire évoluera, permettra de découvrir les motivations de chacun.

J’ai beaucoup aimé cette série assez courte. D’une part l’histoire est simple, mais bien racontée et assez prenante. Mais le point fort selon moi ce sont les dessins et les robes qui sont présentées. De vraies petites merveilles faites pour éblouir les clientes… et les lectrices !! Et la fin est loin d’être mièvre.

Une très belle découverte !

[Edit] La puce a lu (dévoré plutôt !!) les 3 tomes en une soirée. Inutile de dire qu’elle a adoré. La fin l’a bien entendu attristée, mais visiblement c’est une série qui a fait mouche avec elle aussi.

Les Carnets de Cerise Tome 1 : le Zoo pétrifié

9 octobre 2014 at 17 h 37 min

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Cerise est une petite fille de 11 ans. Elle est pleine de vie, habite seule avec sa maman, traîne avec ses 2 meilleures amies… et rêve de devenir écrivain. Pour cela, elle commence un journal et s’entraîne à observer les gens. Très vite, elle remarque un vieux monsieur, qui sort toujours de la forêt couvert de peinture. Pourquoi ? Qui est-il ?

Attention, petit bijou !!! Cette BD dont je n’ai lu que le premier tome m’a tout de suite accrochée. D’abord par la couverture, très belle. Les dessins à l’intérieur pour une fois tiennent la promesse de celle-ci, et on découvre avec joie des dessins très mignons et soignés, et un mélange de BD et de carnet intime. Le tout nous fait rentrer dans la vie de la petite Cerise, une petite fille décidément bien attachante.

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L’histoire met un peu de temps à démarrer car elle débute par quelques pages du carnet de Cerise, c’est assez long à lire. Pas désagréable cependant, mais on comprend tout de suite que l’on n’est pas dans une BD classique. Une fois le récit lancé, tout s’enchaîne très vite et on ne peut plus décrocher. C’est émouvant, bien trouvé, bien construit, avec un petit côté doux-amer… Bref, c’est bien !!

Cela peut plaire autant aux adultes qu’aux enfants, belle-fille a aimé également.

Il paraît que le second tome est aussi sympathique que le premier, je vais vérifier ça dès que possible !

Les enfants du capitaine Grant d’Alexis Nesme

9 octobre 2014 at 17 h 18 min

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Ces trois tomes sont l’adaptation BD du roman de Jules Verne. Je me souviens l’avoir lu quand j’étais ado, et avoir été complètement emballée et transportée par cette histoire. Encore aujourd’hui, et malgré les 20 ans qui ont passés depuis ma lecture, je me souviens encore fortement de certaines scènes.

Lors d’une sortie en mer avec son navire de plaisance, Lord Glenarvan découvre une bouteille contenant un message. C’est un appel au secours du capitaine Grant, dont le navire a sombré. Lord Glenarvan décide de monter une expédition pour partir à son secours. Sa femme, les enfants du capitaine, Robert et Mary, son second Tom Austen, le major Mac Nabbs et Jacques Paganel un étourdi géographe français seront de l’aventure. Car si le message mentionne la latitude, la longitude a malheureusement été effacée…

Voilà pour l’histoire. De l’aventure en perspective ! J’avais très peur d’être déçue par l’adaptation BD. Il n’en a rien été. Le récit fait par Alexis Nesme a l’air d’être assez proche et fidèle au récit de Jules Verne. En tout cas, j’ai bien retrouvé les scènes qui m’avaient marquée, et d’autres oubliées sont ressurgi. Paganel m’a paru aussi insupportable qu’il y a 20 ans.

Côté dessin, l’auteur/dessinateur a pris le parti de l’anthropomorphisme (mot barbare pour dire simplement que les personnages sont des animaux). Ce n’est pas forcément un procédé nouveau (voir par exemple le dessin animé du Tour du Monde en 80 jours, autre adaptation de Jules Verne). Mais il est cependant bien réalisé. J’ai particulièrement savouré le fait que Paganel, savant français, soit représenté par une grenouille. Les dessins en eux-mêmes sont très beaux et fouillés. Cela rend cette BD particulièrement agréable à lire. J’ajoute que Alexis Nesme n’a pas joué la facilité car les dialogues et descriptions sont nombreux et fournis.

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Cette BD peut aussi bien être lue par des enfants que des adultes. Attention toutefois car dans la BD comme dans le roman, le cannibalisme est clairement évoqué et montré…

Chi, une vie de chat de Konami Kanata

8 octobre 2014 at 14 h 26 min

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Un petit chaton perdu est recueilli par une famille. Ils vont s’apprivoiser et Chi va devoir tout apprendre et tout découvrir : la litière, un chien, le soleil, tout est nouveau pour elle !

J’ai craqué pour ce manga tout mignon ! C’est publié dans le sens de lecture français et c’est en couleur. C’est très drôle de voir les réactions de Chi et l’interprétation qu’en fait sa nouvelle famille. Un exemple : Chi est tout fier de faire pipi sur le linge propre ! Car il n’a du coup pas fait pipi par terre ! Bien sûr, il ne comprend pas la réaction de la maman, furieuse !!

Au fil des tomes, les choses évolues et l’univers de Chi s’agrandit. Elle fait des rencontres, ses réactions sont toujours drôles. J’ai les les 8 premiers tomes sans me lasser. Et puis, comment ne pas craquer devant la bouille de cette canaille ?

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Je l’ai offert à une petite fille de 10 ans, pas très lectrice, qui s’est acheté toute la série tant elle a aimé ! Et la puce aussi a été conquise. Même mon chéri, qui déteste les chats, s’est surpris à lire avec plaisir quelques pages des aventures de ce petit chat espiègle.

Le Journal du Colonel Brandon d’Amanda Grange

8 octobre 2014 at 14 h 05 min

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Je me suis lancée dans la lecture du Journal du Colonel Brandon en étant à la fois impatiente et anxieuse. Impatiente parce que le Colonel Brandon est mon personnage masculin préféré de l’oeuvre de Jane Austen. Ceux qui me connaissent savent que je voue un culte à l’acteur qui l’incarnat si magnifiquement dans l’adaptation d’Ang Lee. Anxieuse car j’avais peur d’être déçue. J’avais bien apprécié le Journal de Mr Darcy du même auteur, ce qui ne m’avait pas empêché d’être critique sur plusieurs choses. Or ici, nulle déception !!

J’avais reproché au précédent roman de cet auteur d’être beaucoup trop fidèle au roman original, et de se poser en redite de celui-ci. Avec le Journal du Colonel Brandon, je n’ai pas du tout eu cette impression au contraire !!

Le roman commence plus de 15 ans avant les événements que raconte Jane Austen. Au moment où James Brandon, encore jeune homme, est fou amoureux d’Eliza Williams, la pupille de son père. Nous sont ensuite décrits tous les événements de sa vie jusqu’à sa rencontre avec les soeurs Dashwood. Celle-ci n’intervient qu’à un bon tiers du roman. J’ai vu que c’est ce qui avait grandement désappointé certaines lectrices de ce livre, mais pour ma part j’ai vraiment adoré ! On peut ainsi suivre le jeune James, et le voir évoluer, devenir l’homme qui déplaît à Marianne lors de leur rencontre à cause de son humeur taciturne et mélancolique. La suite du roman est fidèle à ce que raconte Jane Austen, mais sans être complètement un copier-coller. On n’a pas comme dans le Journal de Mr Darcy des dialogues entiers repris.

En fait mon seul regret est que Amanda Grange a légèrement modifié ce qui arrive à la pupille de Brandon, modifiant ainsi la façon dont Marianne accepte de se marier avec lui. Je me souviens que j’avais été déçue quand je l’avais lu dans Raison et sentiments, mais au final je trouve que comme souvent Jane Austen est tombée juste et que son choix est plus pertinent que celui d’Amanda Grange.

Par contre, Amanda Grange a réussi dans ce roman à trouver un peu de l’humour piquant de son modèle en proposant certains personnages assez amusants et décrit avec un peu de l’humour de Jane Austen.

Bref, pour moi ce livre est une réussite.

Fleur de Neige de Lisa See

8 octobre 2014 at 14 h 00 min

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Fleur de Lis est née dans une famille paysanne dans la Chine du 19ème siècle. Son destin est tracé puisqu’elle est une femme : avoir les pieds bandés, faire le meilleur mariage possible et avoir des enfants, surtout des fils. Mais Fleur de Lis a des pieds parfaits, et va donc pouvoir s’élever dans la hiérarchie sociale, et surtout avoir une laotong, c’est-à-dire une amie, une confidente, presque une sœur. Ce sera Fleur de Neige, issue d’une famille lettrée et au riche passé. On va suivre la vie de ces deux fillettes dans l’univers clos des intrigues de femmes.

C’est vraiment une histoire bouleversante. On découvre la vie quotidienne des femmes de cette époque et toute la cruauté qui y est liée. Considérées comme des « branches mortes » les femmes sont délaissées, par leur famille même.

Aujourd’hui encore, après toutes ces années, j’ai de la peine en repensant aux sentiments que ma mère m’inspira ce jour-là. Je vis avec une clarté confondante que je ne comptais pas le moins du monde à ses yeux. J’étais son troisième enfant, une fille de surcroìt- c’est-à-dire sans valeur – et trop insignifiante pour qu’elle perde son temps à s’occuper de moi avant d’avoir la certitude que je passe le cap de mes jeunes années.

Le supplice des pieds bandés est perpétué par celles-là même qui en ont cruellement souffert (ces scènes sont particulièrement dures, voire insoutenables, autant prévenir). On est vraiment révolté en lisant.

Lorsque la souffrance s’avérait insoutenable et que mes larmes mouillaient mes bandages ensanglantés, ma mère venait me parler à l’oreille et m’encourageait à supporter une heure, un jour, une semaine de tourments supplémentaire, en me rappelant le bonheur qui m’attendait si je tenais bon un peu plus longtemps.

Tout le roman est superbe, jusqu’à la révélation finale.

Un vrai bijou à découvrir !!

Les Trente nuits qui ont fait l’histoire

8 octobre 2014 at 12 h 43 min

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Dans le cadre de ma première participation à la Masse critique de Babelio dont j’ai déjà parlé, j’ai reçu l’ouvrage Les Trente nuits qui ont fait l’Histoire. Soyons honnêtes, à la base ce n’est pas vraiment cet ouvrage dont j’avais vraiment envie (le dernier Lisa See était proposé et c’était le seul que j’aurais vraiment aimé recevoir). Cela m’a d’ailleurs fait comprendre que dans ce cadre-là (obligation de lire un ouvrage) il faut vraiment être sûr à 100% de vouloir lire le livre, sinon c’est plus une corvée qu’autre chose. Ça a été un peu le cas cette fois-ci, même si l’ouvrage en lui-même n’était pas déplaisant.

Les trente nuits qui ont fait l’Histoire est un ouvrage regroupant 30 textes d’historiens, chacun racontant une nuit qui a marqué le cours de l’histoire. Chaque auteur indique de quelle nuit il va parler, analyse la nuit en question, explique de quelle manière les événements ont été décisifs, et montre la manière dont la nuit en question est vue par les contemporains, les historiens ultérieurs…

J’ai d’abord été surprise, car je m’attendais à des récits un peu romancés des nuits en question. Il n’en est rien, mais pour autant cela n’en est pas moins intéressant. Le fait qu’il s’agisse de courts récits est agréable et permet de lire chaque histoire dans l’ordre que l’on souhaite, et assez facilement quand on le désire.

Tous les récits à mon goût ne se valent cependant pas. Certains sont moins intéressants que d’autres, soit du fait des événements décrits, soit à cause du style de l’auteur. Certains récits m’ont semblé trop courts, d’autres très longs… Le récit de la nuit de la Saint-Barthélémy par exemple est très intéressant, celui sur les « Guerres de Palais en royaume franc » m’a laissée dubitative. Je regrette également que dans certains récits, l’accent ne soit pas assez mis sur le rôle de la nuit dans les événements.

La nuit est ce temps où les lois et les codes qui règlent la vie civile, diurne et publique, sont comme suspendus, relayés par d’autres tout différent, ou par une sauvagerie qui n’aurait pas cours en plein jour.

Dans l’ensemble, les textes sont quand même plutôt de bonne qualité, voire très bonne qualité. C’est un ouvrage très plaisant et agréable à lire, malgré quelques longueurs. J’en ai apprécié la lecture. Mais je n’ai pas réussi à surmonter ma déception initiale, j’aurais vraiment nettement plus apprécié des récits romancés ! Néanmoins, c’est un ouvrage qui peut tout à fait plaire à des passionnés d’histoire.

Le poids des secrets d’Aki Shimazaki

8 octobre 2014 at 12 h 33 min

Bien que très intéressée par le Japon et sa culture, j’ai toujours eu une certaine répugnance à me lancer dans la littérature nippone. Les mangas pas de souci, mais allez savoir pourquoi j’ai une image (forcément erronée) d’une littérature complexe, torturée et pas facile d’accès.

J’ai voulu surmonter ça. Mis à part le classique Haruki Murakami et son Kafka sur le rivage, je n’ai jamais trouvé (ni vraiment cherché) de roman à mon goût. Il y a quelques mois, j’ai voulu surmonter cette lacune. Après des recherches, j’ai décidé de tenter de lire la série du Poids des secrets de Aki Shimazaki. Et je n’ai pas eu à regretter ce choix.

Cet auteur est japonaise et vit au Canada. Ses influences sont visiblement autant japonaises qu’occidentales. Peut-être ceci explique-t-il que son style soit si facile d’accès…

Sa pentalogie Le poids des Secrets comporte 5 volumes. Chacun se centre sur un personnage différent, tous étant reliés les uns aux autres par une histoire commune. J’avais un peu peur que ce soit redondant, mais l’auteur fait plus que raconter un même événement vu par divers personnages.

Aki Shimazaki

Tsubaki est le premier tome. Il raconte l’histoire de Yukiko. Cette désormais grand-mère va raconter son enfance dans le Japon de la guerre, jusqu’à un jour tragique dans sa vie.

Hamaguri nous montre le point de vue de Yukio, un adolescent japonais que Yukiko a rencontré.

Tsubame se centre sur la vie de Mariko, la mère de Yukiko.

Wasurenagusa est le tome consacré à Kenji, le père de Yukio.

Enfin, Hotaru est une sorte de synthèse, contée par la petite fille de Mariko.

J’avais très peur que ce soit glauque, sombre, trop triste. En effet, l’histoire n’est pas gaie. Mais j’ai aussi été soufflée par la beauté de l’écriture de Aki Shimazaki. Elle écrit de manière magique, magistrale. Tout est en retenu, très délicat. C’est triste oui, mais toujours juste et malgré les événements décrits, très doux.

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J’ai aussi été surprise par la réflexion faite autour de la guerre et des bombes atomiques dans le premier tome. Il est vrai que hormis les faits on n’en sait pas grand chose. Cela m’a permis d’en apprendre davantage, de réfléchir différemment.

Alors pourquoi ont-ils quand même lâché ces deux bombes, grand-mère ? Les victimes étaient pour la plupart des civils innocents. Plus de deux cent mille personnes ont été tuées en quelques semaines ! Quelle est la différence avec l’Holocauste des nazis ? C’est un crime !

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Après le premier tome, le second m’a paru un peu en dessous. Il faut dire que l’histoire était déjà connue. J’ai eu assez peur de la lassitude que j’aurais avec le troisième tome.

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Que nenni ! Cette fois-ci, l’histoire change complètement d’optique, et les événements évoqués dans les deux tomes précédents sont ici à peine effleurés.  Rien n’est répété et on entre toujours plus profondément dans la vie cachée des personnages. Je ne sais pas comment le livre a été reçu au Japon mais je l’ai trouvé assez subversif dans la mesure où l’auteur évoque la condition des Coréens, massacrés et mis au ban de la société japonaise. Ce troisième tome m’a légèrement déçue car les sentiments, qui sont le point fort du récit, m’ont semblés secondaires.

Au-dessus de moi, un couple d’hirondelles passe rapidement. Elles vont et viennent entre le toit d’une maison et un fil électrique. Elles partiront bientôt vers un pays chaud. J’aimerais bien voyager librement comme elles. Ma mère m’a dit une fois : « Si on pouvait renaître, j’aimerais renaître en oiseau. »

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Le tome suivant est plus intimiste, plus centré sur les sentiments et m’a davantage plu.

J’aimerais rencontrer la femme qui a besoin de moi et dont j’ai besoin aussi. J’aimerais dormir en la tenant dans mes bras, en touchant sa peau douce et chaude, en caressant ses cheveux, son visage, son cou…

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Enfin, le dernier tome n’offre rien de vraiment nouveau, mis à part une révélation bien légère. Ce qui est dommage mais néanmoins clôt très bien ce cycle familial.

Babel offre une très belle édition, bien traduite. Mais malheureusement, assez chère : les romans sont relativement courts (lus en moins d’une heure) mais coûtent 6,50€. Cela peut sembler cher… Mais je ne regrette pas mon achat, ces volumes occupent désormais une place de choix dans ma bibliothèque. Je me suis précipité sur l’autre série phare de cet auteur… mais j’en parlerai une autre fois !