Le Journal du capitaine Wentworth d’Amanda Grande

13 novembre 2014 at 13 h 52 min

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Et de trois ! Après le Journal du colonel Brandon et celui de Mr Darcy, voici celui du héros masculin de Persuasion de Jane Austen : le capitaine Frederick Wentworth !

C’est avec joie que je m’y suis plongée, car Persuasion est l’un de mes romans préférés de Jane Austen. J’aime énormément Anne Elliot et j’étais impatience de connaître les pensées du capitaine.

Comme toujours, c’est un peu bizarre un journal écrit sous cette forme : on n’y écrit pas des dialogues entiers normalement ! Mais passons… Comme toujours, l’histoire commence bien avant celle de Persuasion, à savoir 8 ans plus tôt, lors de la rencontre entre Anne et Frederick. J’ai été un peu déçue non pas de retrouver les personnages à ce moment de leur vie, mais du fait que l’histoire manque de passion. C’est tiède, on n’a pas vraiment l’impression que le capitaine Wentworth est amoureux. Après coup, je me suis dit qu’il est vrai que cela correspond plus au tempérament d’Anne et à leur histoire, mais ça manque quand même…

Passé ce premier tiers du roman, nous retrouvons les personnages huit ans plus tard. L’histoire est alors celle de Persuasion. C’est bien écrit, cela se lit avec plaisir et sans déplaisir car Amanda Grange ne colle pas trop au texte d’origine. On n’a donc pas l’impression de lire une version de Persuasion moins réussie que celle de Jane Austen.

Au final, un roman moins attrayant que les précédents, mais qui se lit quand même avec plaisir…

Grimalkin et l’Epouvanteur de Joseph Delaney

9 novembre 2014 at 16 h 14 min

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C’est avec ce neuvième tome que nous retrouvons la suite des aventures de Tom Ward. Sauf qu’ici, la narratrice est Grimalkin, la terrifiante sorcière. Elle fuit les serviteurs du Malin qui veulent récupérer sa tête, la réunir au corps et libérer de nouveau le Diable sur Terre.

J’avoue avoir été déçue par ce tome. La poursuite s’annonçait haletante, mais il n’en est rien. J’ai eu énormément de mal à entrer dans l’histoire. Ce n’est qu’aux 2/3 que j’ai réussi à vraiment m’intéresser aux péripéties. Mais je n’ai pas vraiment accroché. Cela tient peut-être au fait que pour la première fois Tom, Alice et l’épouvanteur ne sont pas présent. Mais plus certainement, c’est dû à cette chasse qui m’a semblée trop répétitive : Grimalkin ne fait que fuir, se bat, puis fuit de nouveau. Normal me direz-vous, mais singulièrement lassant. J’avais eu un peu le même sentiment lors de la lecture du tome 7 Le cauchemar de l’épouvanteur. Un tome moins intéressant que les autres selon moi, mais toujours très bon comparé à d’autres séries de jeunesse.

Ombres chinoises de Lisa See

6 novembre 2014 at 17 h 25 min

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Voici la suite de Filles de Shanghai du même auteur. Nous retrouvons ici Joy, la fille de Perle, qui s’est enfuie en Chine suite aux révélations concernant ses véritables origines. La Chine communiste l’enthousiasme, elle n’a qu’une envie : participer à cet effort collectif. Sa mère décide de partir la chercher. Ce retour en Chine est pour elle un plongeon dans le passé. La mère et la fille vont se retrouver, s’affronter, et vivre le Grand Bond en avant.

Ce roman est pour moi meilleur que Filles de Shanghai. L’histoire reprend où la précédente s’était arrêtée. On est ainsi directement plongés dans l’histoire et donc tout va très vite.

Aucun coup n’est plus douloureux que celui que vous porte un être qui prétend vous aimer plus que tout au monde.

Voir Perle revenir sur les lieux de son enfance est assez émouvant, on retrouve des personnages du tome précédent. Joy m’a un peu agacée car pour une américaine instruite, elle se comporte vraiment parfois comme une idiote.

Je ne connaissais pas du tout cette période de l’histoire chinoise, étant plus familière de la période de la Révolution Culturelle ou de la période précédente. J’ai ainsi été assez horrifiée de ce qu’il s’était passé durant ces quelques années. C’est assez terrifiant de voir à quel point les dirigeants chinois ont mis la politique au dessus du simple bon sens, menant le pays à la famine.

J’ai lu ce roman d’une traite. J’avoue que la seule chose qui m’ait déçue est la fin qui tranche trop avec le reste du roman. J’aurais aimé quelque chose de plus en demi-teinte…

Filles de Shanghai de Lisa See

5 novembre 2014 at 12 h 00 min

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Chine, 1937. May et Perle vivent à Shanghai et profitent de la vie aisée qu’elles mènent. Mais leur père est ruiné du jour au lendemain, et il les vend à des chinois de Californie. Les voici obligées de se marier puis de fuir leur pays envahi par les troupes japonaises.

J’ai lu ce roman très rapidement, en une journée. Si, si, commencé ce matin et fini dans l’après-midi (c’était un jour de congé). J’ai a-do-ré ! Bien plus que le Pavillon des Pivoines dans lequel j’ai eu un peu de mal à rentrer et que j’ai trouvé un peu longuet. Mais pas autant que Fleur de Neige cependant.

En prononçant ces mots, je me souviens du proverbe qui prétend que les catastrophes, comme les maladies, se transmettent oralement – ce qui signifie que certaines paroles peuvent se révéler aussi destructrices que les bombes.

Ce roman-ci, aucun problème pour y rentrer. Dès le départ j’ai été dedans. Même si le twist final ne m’a pas surprise (j’avais deviné quasi dès le début), j’ai quand même suivi avec passion l’histoire de May et Perle. Les relations sont comme toujours chez cet auteur bien dépeintes, les personnages subtils, pas tout noir ou tout blanc, l’histoire de la Chine en fond toujours aussi palpitante. Il y a des passages vraiment durs (notamment concernant la guerre sino-japonaise, mais j’ai lu bien pire). J’avoue cependant que May et Perle me sont parfois sorties par les yeux, avec leur égoïsme du début du roman. Et j’ai été agacée très régulièrement par les rappels comme quoi elles avaient été « de jeunes beauté ». Malgré cela, c’est un roman à lire sans hésiter.

Une (irrésistible) envie de… de Meg Cabot

4 novembre 2014 at 18 h 40 min

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Heather Wells est une ancienne lolita pop-star, retombée dans l’anonymat une fois son quart d’heure de célébrité passé. Pour gagner sa vie (elle n’a malheureusement plus un sou), elle trouve un emploi de directrice adjointe dans une résidence universitaire à New York.

Dans le premier tome, une vague « d’accidents » se produit : des jeunes filles meurent dans la cage d’ascenseur. Heather est la seule à penser que tout ceci est suspect et qu’il s’agit de crimes.

Dans le second tome, on retrouve la tête d’une jeune fille très populaire dans la marmite de la cafétéria…Heather décide de mener de nouveau son enquête pour avoir le fin mot de l’histoire.

Et dans le dernier tome, c’est le chef par intérim d’Heather qui est retrouvé mort dans son bureau.

J’apprécié la lecture de ces trois tomes. L’héroïne est attachante, loin des clichés de ce genre de littérature (dans la chick-litt, l’héroïne est souvent accro à la mode, un peu blonde sur les bords, névrosée…) On apprécie grandement les personnages qui gravitent autour d’elle car ils ne sont pas non plus stéréotypés (enfin, pas trop) et apparaissent très sympathiques. J’avoue cependant que dans le premier tome j’ai eu un peu de mal à savoir qui était qui.

L’histoire policière est plutôt bien menée et attrayante. Rien de très haletant, mais c’est plaisant à lire. Si j’avais juste un petit bémol ce serait qu’il manque un chouïa d’humour (même s’il y en a) mais je pense que c’est le genre de série qui se bonifie au fil des tomes et que le trait léger d’humour ne rend la série que plus agréable.

Les enquêtes de Mma Ramotswe de Alexander McCall Smith

4 novembre 2014 at 11 h 34 min

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Pour changer un peu des romans historiques de la collection 10/18, j’ai voulu découvrir les enquêtes de Mma Ramotswe dont j’avais lu ici et là des critiques élogieuses. J’ai emprunté le premier tome à la médiathèque, prête à abandonner ma lecture si le premier chapitre n’était pas passionnant. Soyons honnête, j’y allais presque à reculons vu que ni le lieu (le Botswana et donc l’Afrique, région qui m’intéresse très peu) ni l’héroïne n’avaient de quoi m’attirer.

J’ai donc entamé ce livre trois jours avant la date limite pour le rendre. J’ai lu le premier chapitre, le second, puis le livre et les sept suivant quasiment d’affilée sans pouvoir m’arrêter. C’est dire si j’ai aimé !! Et pourtant, rétrospectivement je me rend compte que le premier chapitre est loin d’être le plus intéressant.

Precious Ramotswe a bientôt la quarantaine. Lors du décès de son père chéri, Obed Ramotswe, elle décide d’investir la somme qu’il lui a légué pour acheter une maison et ouvrir un commerce. Mais pas n’importe lequel : une agence de détective. Elle engage une secrétaire, Mma Makutsi, et compte beaucoup sur son mécanicien, M. JLB Matekoni.

J’ai lu les sept premiers tomes et j’ai adoré !! En effet, on est loin, très loin d’un univers policier. Les romans sont plus le prétexte pour suivre l’histoire des personnages, découvrir l’Afrique que mener des enquêtes. Celles-ci, quoique pouvant paraître simples (femmes trompées, petites arnaques) n’en sont pas moins plaisantes à suivre, et on est toujours heureux de voir la manière dont elles sont résolues, la plupart du temps sans bruit ni tempête. Même quand elles sont un peu plus compliquées (sorcellerie, chantage).

Il y avait des fois où l’on savait qu’il fallait dire quelque chose et, si on ne le faisait pas, on le regretterait toute sa vie.

Les romans peuvent sembler répétitif à la longue car certaines phrases reviennent très souvent (le 97 sur 100 de Mma Makutsi par exemple ou encore l’admiration de Mma Ramotswe pour Seretse Kama) mais on ne se lasse pas. D’autant qu’au fil des romans, les choses se modifient subtilement, et l’ironie d’Alexander McCall Smith se révèle très rafraîchissante.

Mma Ramotswé haussa les épaules.
– Quand j’étais petite, je regardais jouer les garçons. Je voyais comment ils étaient. Maintenant que je suis une femme, j’ai compris qu’il n’y avait pas grande différence. Les petits garçons et les hommes sont les mêmes personnes. Ils ont juste changé de vêtements, c’est tout.

J’aime énormément les personnages qui sont hauts en couleur. Et le côté irrévérencieux et malicieux de Mma Ramotswe qui trouve toujours une solution. Le côté humoristique est très présent, je me suis surprise à de nombreuses reprises à rire d’une situation ou d’une phrase de l’un des personnages.

Vous avez beaucoup de chance, affirma le joailler. Tous les hommes ne trouvent pas de grosses femmes sympathiques comme celle-ci à épouser. De nos jours, la plupart sont maigres et tyranniques. Cette femme-ci va vous rendre très heureux.

On retrouve les principaux d’un roman sur l’autre, avec un réel plaisir. Je trouve simplement dommage que les deux orphelins, Motholeli et Puso, ne soient pas davantage présents.

Cela se lit très rapidement. C’est une série vraiment excellente, et je lirais la suite avec plaisir. Moi qui étais réticente, je me suis surprise à apprécier grandement l’atmosphère du pays, ses traditions, la vie décrite.

Elle avait subvenu aux besoins de ses enfants grâce au maigre salaire gagné comme femme de ménage et au peu d’argent que lui rapportaient les travaux de couture dont elle se chargeait. L’Afrique était pleine de femmes comme elle, semblait-il, et s’il devait y avoir le moindre espoir pour ce continent ce serait sans doute à elles qu’on le devrait.

A noter que ces romans ont été adaptés en série télé de 7 épisodes. Elle est passée sur Arte il y a quelques années. Je l’avais ratée, mais je me souviens que cela m’avait fortement tentée de la regarder. Surtout parce que Richard Curtis était à l’origine du projet. Oui oui, Richard Curtis, celui-là même à l’origine de 4 mariage et 1 enterrement, Love Actually et Good Morning England, que des films cultes pour moi.

PS : non, je ne fais pas d’erreur : c’est bien Mma Makutsi et Mma Ramotswe et non « Mme », le « Mma » étant un manière polie au Botswana pour désigner une femme.

Un intérêt particulier pour les morts d’Ann Granger

29 octobre 2014 at 11 h 26 min

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Un bon petit roman policier de chez 10/18. J’aurais pu dire « ça faisait longtemps » mais non en fait car j’en ai dévoré beaucoup en début d’année. C’est cependant toujours un plaisir !

Celui-ci se déroule dans le Londres victorien, en 1865. Elisabeth Martin doit, suite au décès de son père, trouver un emploi. C’est Mrs Parry qui le lui offre : elle sera dame de compagnie. Mais son arrivée à Londres ne sera pas de tout repos : l’ancienne dame de compagnie est retrouvée morte, et Elisabeth décide de chercher par elle-même ce qui a pu arriver.

J’ai lu ce roman très rapidement. C’est bien écrit, avec une pointe d’humour très bienvenue.

Il tourna ensuite un regard féroce sur Bessie.
– Et toi, ma petite, un jour, tu feras une épouse travailleuse et digne de confiance pour un pauvre diable, et d’avance, il a toute ma sympathie.

Je regrette cependant d’avoir eu l’impression par moment que les personnages n’étaient pas assez approfondis, et que l’auteur se perdait parfois dans des péripéties pas forcément judicieuses (la demande en mariage que reçoit Elisabeth par exemple n’a que peu d’intérêt à mon avis). Elisabeth est cependant une héroïne que j’ai bien aimé, avec un caractère trempée et une langue bien pendue. Ben Ross est très sympathique également. L’ambiance du roman est agréable, l’atmosphère du Londres victorien est bien retranscrite. L’intrigue est assez classique, pas forcément passionnante.

Ce premier tome d’une série m’a donné envie de lire les suivants ! A noter aussi que la couverture est une réussite.

Le manuscrit perdu de Jane Austen de Syrie James

26 octobre 2014 at 12 h 27 min

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Bien que regardant régulièrement les dernières parutions, j’étais passée à côté de cet ouvrage. Heureusement, une critique en a été faite sur le forum le Coin des lecteurs (très positive la critique) et j’ai donc dans la foulée acheté ce roman. Je suis dans une période « Jane Austen » (les mauvaises langues pourraient dire que je n’en sors que rarement) et je me suis plongée dans ce roman dès son arrivée (et ce malgré une couverture plus que laide).

Ça a été un régal à lire. Habituée que j’étais de lire soit de mauvais romans profitant du nom de la grande romancière pour se vendre, soit des réécritures plus ou moins réussies de ses romans, j’ai été plus qu’agréablement surprise dès le début. Et ce même si le postulat de base est léger. Samantha, une américaine passionnée de Jane Austen (elle a commencé une thèse sur le sujet) découvre dans un vieux recueil de poésie une lettre de sa romancière favorite. Celle-ci y dévoile l’existence d’un manuscrit qu’elle a perdu ! Aussitôt, Samantha part sur les traces du manuscrit et va croiser la route d’Anthony et trouver le manuscrit (c’est vraiment le début de l’histoire, je ne dévoile rien !)

Ce roman comporte donc deux histoires : celle de Samantha et d’Anthony, et celle du roman de Jane Austen que vont lire les deux précédents. Autant dire que ces deux histoires sont très inégales. La première est vraiment un « prétexte » au récit « signé » Jane Austen. C’est assez basique et dès le début on sait ce qu’il va se passer. Très fleur bleue, un peu niais, j’avoue ne pas avoir trop accroché. Passe encore que Samantha en deux jours découvre une lettre de Jane Austen et un manuscrit, mais ses sentiments pour Anthony évoluent à mon avis trop rapidement, et la fin est cousue de fil blanc. J’aurais aimé plus de subtilité… Néanmoins, leur histoire est nécessaire dans la mesure où elle éclaire le manuscrit, et la vie de Jane Austen. J’ai d’ailleurs à cette occasion découvert beaucoup de choses sur elle, et c’est très agréable.

Là où le roman prend toute sa puissance, c’est dans les chapitres reproduisant le fameux manuscrit. Syrie James a réussi le tour de force d’écrire une histoire que l’on peut effectivement attribuer de manière très crédible à Jane Austen. Alors oui, si je pinaille, il y a des détails qui montrent que ce n’est pas du Jane Austen : a-t-on déjà vu l’une de ses héroïne « rougir comme une tomate » ou « avoir envie de vomir » ? J’en doute. Plusieurs tournures de phrases ou d’autres expressions du même style m’ont fait tiquer, mais dans l’ensemble l’écriture est proche. De même, le roman fait peut-être un peu « trop » Jane Austen, et on est en terrain connu : les soeurs Wabshaw font indubitablement penser à Miss Bates de Emma, Amélia à Isabella Thorpe, les Newgate aux Allen et Catherine Clifton à Eleanor Tilney, tous présents dans Northanger Abbey (j’ai d’ailleurs trouvé que bien des détails de la partie à Bath faisaient penser à ce roman), Mr Spangle a des côté de Mr Collins d’Orgueil et Préjugés… Mais après tout, ce manuscrit est sensé être antérieur aux autres oeuvres de Jane Austen, et il paraît naturel que cela ait été pour elle une source d’inspiration pour créer ses futurs personnages. Par contre, et c’est très agréable, l’histoire se tient, est très prenante. La fin parfois un peu alambiquée mais cela reste crédible et la trame générale est également semblable aux écrits de la romancière. L’ambiance, les codes de l’époque, tout est très bien respecté. On sent que Syrie James connaît son Jane Austen sur le bout des doigts, et a un énorme respect pour son oeuvre. L’héroïne, Rebecca, est très austenienne mais elle a une réelle individualité, une personnalité propre et n’est en aucun cas une pâle imitation ou une reprise des autres héroïnes féminines de Jane Austen. C’est réellement un personnage que n’aurait pas du tout renié celle-ci ! C’est d’ailleurs, à mon avis, en très grande partie une sorte d’hommage de Syrie James qui fait de Rebecca un double de Jane Austen : le manuscrit de Jane Austen serait à mon sens en partie autobiographique car Rebecca et Sarah font évidemment référence à Jane et à sa soeur Cassandra, et beaucoup des pérégrinations ressemblent à la vie de Jane Austen au moment où elle a soi-disant écrit le manuscrit. De même, d’autres personnages sont réellement attachants, et ont une individualité et une existence propre sans aucune réelle référence à d’autres romans de Jane Austen.

Alors oui, ce fameux manuscrit n’est pas de Jane Austen, et on le sent. Il n’en reste pas moins que j’ai été vraiment prise dans l’histoire, et qu’il ne manque pas grand chose pour qu’on se dise qu’en effet, cela pourrait être du Jane Austen. Une chose est sûre, je relirai le fameux manuscrit avec plaisir, rêvant qu’une telle découverte soit un jour faite pour de vrai…

Cher Mr Darcy d’Amanda Grange

22 octobre 2014 at 11 h 02 min

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Encore un livre prenant appui sur l’œuvre de Jane Austen. Après avoir décidé de revisiter chaque roman sous la forme du journal de son héros masculin (Le Journal de Mr Darcy, Le Journal du colonel Brandon), Amanda Grange a pris ici le parti de réécrire Orgueil et Préjugés sous forme épistolaire. Ce choix vient du fait qu’apparemment Jane Austen avait commencé à rédiger une autre de ses œuvres majeures, Raisons et sentiments, sous cette forme.

Autant le dire tout de suite, la forme épistolaire n’apporte pas grand chose à l’histoire. Cela alourdit l’œuvre d’origine et fait qu’il y a moins de subtilité dans les relations des personnages. Mais cela vient peut-être également du fait qu’Amanda Grange n’est pas Jane Austen, qu’elle n’a ni son talent ni sa finesse : le même roman écrit par Jane Austen aurait eu un visage différent et aurait été un régal ! C’est néanmoins très agréable et plaisant à lire.

La forme épistolaire a obligé l’auteur à inventer de nouveaux personnages. Le résultat est mitigé. C’est à mon avis une excellente idée de créer les sœurs Sotherton, filles du propriétaire de Netherfield (petit clin d’œil à Persuasion ?) On apprend ainsi pourquoi le domaine a pu être loué à Bingley, et ces trois sœurs permettent de ne pas trop réduire le nombre de correspondants, ce qui aurait vite tourner court. Cela permet également de mettre plus en avant Mary Bennet, qui écrit à Lucy Sotherton. Je sais que plusieurs lectrices (je dirais bien « lecteurs et lectrices » mais je doute que beaucoup d’hommes lisent ce genre de roman) ont été agacées par la sottise des lettres de Mary mais pour ma part cela m’a amusé. C’est également l’occasion pour Amanda Grange de faire de petits clins d’œil à Northanger Abbey. C’est en revanche beaucoup moins réussi d’introduire Philip, le cousin de Darcy qui n’a à mon avis aucun intérêt. Ce personnage m’a semblé terne et très agaçant. Les lettres échangées avec Darcy n’ont pas vraiment d’intérêt, car celui-ci aurait tout aussi bien pu les écrire au colonel Fitzwilliam. Il est également dommage qu’Amanda Grange n’ait pas plus exploité certains personnages du romans : j’aurais adoré avoir davantage de lettres de Mr Bennet ! De même, il aurait été plus intéressant de développer la correspondance entre Jane et Elisabeth.

Plusieurs autres détails m’ont gênée au cours de ma lecture. D’une part, les lettres mettent très peu de temps à s’échanger : Lizzie écrit à Jane le 2 mai et le 3 mai Jane lui répond ! Un peu rapide pour l’époque non ? Je sais c’est un détail… Un autre détail minuscule mais déplaisant selon moi est le fait que chacun appelle son correspondant par son prénom… sauf Mr Darcy ! Il écrit à son cousin « Philip » mais celui-ci répond à « Darcy » alors qu’ils portent tous deux ce nom de famille. Un peu de logique que diable !!

Néanmoins, malgré tout ces défauts, j’ai aimé ma lecture. Certaines trouvailles d’Amanda Grange sont plutôt sympathiques. Ce n’est pas un indispensable, mais  c’est une lecture plaisir qui fait passer un bon moment.

Un trèfle à quatre Plum de Janet Evanovich

20 octobre 2014 at 10 h 41 min

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Un trèfle à quatre Plum. Stéphanie doit chercher un sac rempli d’argent qui s’est perdu… Enfin pas vraiment puisque c’est Mamie Mazur qui l’a retrouvé !

Qui a peur du grand méchant Lou ? Stéphanie est confrontée à Lou, un dangereux tueur, qui s’est associé à l’homme qu’elle doit retrouver : Martin Munch.

Bon, autant je suis fan de Stéphanie, autant j’ai du mal à accrocher avec les histoires un peu sans queue ni tête dans lesquelles Diesel apparaît. Sur le roman précédent ça passait, mais là ma lecture a été plutôt laborieuse. Un trèfle à quatre Plum est plutôt sympathique à lire. Et puis Mamie Mazur est toujours aussi géniale, complètement déjantée. J’ai bien ri, ça se lit facilement. Ce n’est pas à la hauteur des enquêtes habituelles de Stéphanie mais c’est plaisant.

La seconde nouvelle m’a fait complètement décrocher. Rien à faire, je n’ai pas réussi à vraiment rentrer dedans, et je n’ai pas forcément trouvé ça drôle. Diesel est trop « déconnecté » du monde de Stéphanie, et là ça a vraiment été trop flagrant. Le singe Carl m’a paru trop bizarre et j’ai détesté le fait que le personnage de Martin Munch, que Stéphanie connaît pourtant, apparaisse ici comme un nouveau personnage, complètement différent de ce qu’il est d’habitude. J’ai réussi à terminer avec peine, et à la fin je ne comprenais plus les motivations des personnages, je ne suivais plus ce qu’il se passait. J’ajoute que Diesel me laisse complètement froide, contrairement à Morelli ou Ranger.

Ce tome-ci est donc dispensable, même si ça fait patienter en attendant la suite des aventures de Stéphanie qui ne devrait plus tarder maintenant…