Le Soldat chamane – Robin Hobb

26 octobre 2015 at 22 h 38 min

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Robin Hobb est un auteur mondialement reconnue pour sa série de l’Assassin royal. Une série que j’avais dévoré il y a quelques années. Ses autres séries prenant place dans ce univers (Les Aventuriers de la Mer, La Cité des anciens) m’ont également procuré des heures et des heures de lecture plus qu’agréables.

Pour le Soldat chamane, il en est tout autrement. J’ai tenté une fois, puis une seconde, de me lancer dans cette nouvelle série. Impossible de dépasser le premier tiers du roman, et encore c’est avec difficulté que je suis arrivée jusque là. Mais je ne me suis pas découragée, et il y a peu j’ai décidé de retenter une dernière fois. Et là, enfin, la magie Hobb a opéré.

L’univers est très différent de ses autres séries. Ici, l’action se passe en Gernie, royaume fantastique mâtiné de Far-West. La société est régie par des règles précises (le second fils devient militaire, les femmes sont soumises et n’ont de valeur que par leur mariage…) Mais la magie est présente, quoique réfutée par les Gerniens qui ne la pratiquent pas, contrairement aux peuples qu’ils combattent (Nomades, Ocelliens).

Jamère Burvelle, le héros, a son destin tracé : en tant que second fils, il intègrera la cavalla, deviendra militaire, épousera la femme que son père a choisi pour lui. Mais lors de sa quinzième année, son père le confie à Dewara, un Nomade ennemi, pour qu’il apprenne de nouvelles choses. Mais tout ne se passe pas comme prévu, et lors d’une expérience chamanique Jamère rencontre la magie, et va devenir son instrument.

Le premier tome est en grande partie consacré à la vie de Jamère sur la propriété familiale, à son éducation et bien entendu à l’événement fondateur de sa vie : la rencontre avec la magie. On le voit ensuite partir pour Tharès-La-Vieille suivre l’enseignement pour devenir officier de la cavalla. Là-bas, il va découvrir les dissensions entre « anciens » et « nouveaux » nobles. Le second tome se centre sur la vie de Jamère à l’école, et l’événement dramatique qui va survenir lors de la fête de la Nuit Noire.

Autant le premier tome est long, (très long !) à se mettre en place, autant une fois passée la rencontre de Jamère avec Dewara et la magie, tout s’enchaîne de manière plus fluide, et tout devient passionnant. J’étais complètement prise dans le second tome qui est complètement haletant. Une fois qu’on connaît mieux Jamère, son caractère, son personnage, tout est plus intéressant. De même, plus l’histoire avance et nous en apprend sur la Gernie, plus on a envie d’en savoir.

Les troisième, quatrième et cinquième tomes s’intéressent à la vie de Jamère après son départ de la cavalla. Je n’en dévoile pas d’avantage ! Mais ces tomes là sont palpitants, on voit l’évolution de Jamère, la manière dont il prend conscience des choses, dont il s’éveille à la magie. On est out simplement happés dans son univers.

Je n’ai pas encore lu les 3 derniers tomes, mais cela ne saurait tarder. Soyons honnête, je trouve que cette série est quand même nettement en dessous de l’Assassin Royal mais elle est à mon avis aussi bonne voire meilleure que la Cité des Anciens. Je déplore par ailleurs cette habitude que les éditeurs français ont de saucissonner les romans de fantasy anglo-saxons en 2 voire 3 tomes !! Que c’est exaspérant..

Et dire que j’ai failli passer à côté de cette excellente série !

Comme onze comprend de Janet Evanovich

6 mai 2015 at 8 h 59 min

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Après l’excellent tome 10, je me suis ruée sur le tome 11 des aventures de Stéphanie Plum. Tout aussi réjouissant que le précédent !!

Stéphanie est décidée : elle en a assez des galères et démissionne de son boulot de chasseuse de primes. Il paraît que l’usine de boutons embauche… Elle va tenter de trouver un boulot calme. Mais elle enchaîne les échecs et les plans foireux. Et ne peut rompre totalement les ponts avec son ancien boulot. D’autant plus qu’on cherche à la tuer pour une raison mystérieuse…

Encore une fois, je me suis régalée !! C’est vraiment une lecture anti-stress et bon pour le rire. Stéphanie est toujours la même, elle a la poisse car même lorsqu’elle veut changer de vie, les événements s’acharnent contre elle.

Côté enquête, j’avoue avoir été un poil déçue par le fin mot de l’histoire, un peu trop en contradiction avec ce qu’on a lu dans tous les autres tomes de la série. Malgré tout, même si ce volume n’est pas le meilleur il n’en reste pas moins très bon. Et maintenant, il va falloir attendre bien des mois avant le tome suivant…

La citadelle des ombres – Prélude : Le prince bâtard de Robin Hobb

5 mai 2015 at 8 h 34 min

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L’un des éléments principaux de la fameuse série de l’Assassin Royal de Robin Hobb (indispensable à lire pour tout amateur de fantasy !) est la possession du Vif par le héros, Fitz. Ici, Robin Hobb nous raconte l’origine de la haine pour le Vif par les habitants des Six Duchés, et donc l’histoire du célèbre Prince Pie.

Le récit est fait à la première personne par Félicité, jeune domestique attachée au service de la princesse Prudence. Elle va assister à l’histoire d’amour entre prudence et un jeune étranger, puis à la naissance et à la vie du Prince Pie, doté du Vif.

J’ai bien aimé l’histoire et comme toujours, la plume de Robin Hobb est juste parfaite pour décrire personnages et événements. J’ai trouvé la chute de l’histoire très bien trouvée. Cependant, il m’a manqué un petit quelque chose pour être complètement convaincue et comblée, un petit goût de trop peu. Il faut dire que c’est plus une nouvelle qu’un roman tant c’est court… Dommage, mais c’est une lecture bien agréable tout de même, que je ne regrette pas !

Dix de retrouvés de Janet Evanovich

10 avril 2015 at 10 h 01 min

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Le voici, le voilà, le tant attendu (au moins 10 ans d’attente !!) nouveau tome des aventures de Stéphanie Plum. J’avais été plutôt échaudée par les deux livres de nouvelles publiés l’an dernier (Un trèfle à quatre Plum et Une Plum sous le sapin) du coup, c’est un peu nerveuse que j’ai commencé la lecture de ce nouveau tome. Je n’aurais vraiment pas dû.

Dès les premières pages, on retrouve Stéphanie et tout son entourage tels qu’on les aime. Pas de Diesel et de situation paranormales en vue, l’histoire a le temps de se poser. J’ai ri comme une folle tout le long de ma lecture. Stéphanie est toujours aussi poissarde, sa mamie toujours déjantée, Lula aussi frappadingue. Ranger et Morelli tiennent une bonne place dans cette aventure !

Ce tome commence sur les chapeaux de roues : dès les premières lignes, la voiture de Stéphanie part en fumée à cause d’un cocktail Molotov. Elle se met à dos un gang et voit sa tête mise à prix. Elle doit donc se cacher. Elle profite de l’absence de Ranger pour s’installer chez lui. Mais elle continue quand même à courir après les fugitifs et à aller se goinfrer de gâteau chez ses parents.

Alors oui, s’il faut pinailler, je dirais qu’il est par moment légèrement agaçant que Stéphanie n’arrive pas à se décider entre Ranger et Morelli. Et que la fin tourne un peu trop vite court. Mais ce sont des broutilles, à côté du plaisir que m’a procuré ma lecture !!

Et maintenant, j’ai le tome 11 qui me tend les bras !!

Enchantement de Orson Scott Card

4 mars 2015 at 9 h 06 min

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La famille d’Ivan s’apprête à fuir l’URSS. En attendant ce départ, lui et ses parents séjournent chez un cousin en Ukraine. Là, Ivan découvre une princesse endormie mais un monstre le fait fuir. Bien des années plus tard, Ivan devenu adulte n’a jamais totalement oublié cet épisode de sa vie. A l’occasion de recherches pour sa thèse, il retourne chez son cousin, et retrouve la princesse.

Je l’ai lu il y a bien 10 ans mais je ne m’en rappelais plus. Je l’ai trouvé à médiathèque il y a quelques mois et j’ai lu la quatrième de couverture. Là j’ai pensé « ça me dit quelque chose ». Je l’ai pris et effectivement dès les premières pages, je m’en suis rappelé… sans vraiment me souvenir !!

Cette fois-ci (comme la première certainement) j’ai pris un immense plaisir à cette lecture et j’ai dévoré le livre. C’est frais, fluide, plein d’action, mais sans paraître fébrile. J’ai aimé les personnages, même si j’ai trouvé par moments qu’ils s’adaptent un peu trop facilement à « l’autre monde ».

Cette relecture du conte de la Belle au bois dormant est une réussite.

Edenbrooke de Julianne Donaldson

3 mars 2015 at 8 h 48 min

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Je l’avoue, j’étais extrêmement curieuse de lire ce roman à propos duquel les critiques étaient si élogieuses et qui était si souvent décrit comme étant dans la ligné des romans de Jane Austen.

Marianne vit avec sa grand-mère depuis la mort de sa mère. Elle est invitée avec sa sœur jumelle à séjourner à Edenbrooke, une magnifique propriété appartenant à une riche famille. Elle va y vivre un séjour qui va la combler.

Mon opinion est faite et je suis loin de partager les avis dithyrambiques lus à droite et à gauche. Non pas que le livre soit mauvais en soi, mais j’en attendais bien plus…

La comparaison avec Jane Austen est à mon avis à prendre avec des pincettes. On est loin de l’écriture de cet auteur. La plume de Donaldson n’est cependant pas mauvaise. Pour tout dire, j’ai lu ce livre en un clin d’œil et avec plaisir. Les sentiments des personnages sont vraiment bien décrits et fouillés. L’histoire a son propre rythme, assez lent mais agréable. J’ai beaucoup aimé les relations entre Marianne et Philip, qui ne m’ont pas semblées factices. Il y a néanmoins un point qui m’a prodigieusement agacée : je ne sais pas combien de fois « Philip ricane », mais c’est extrêmement pénible de retrouver cette expression une fois par chapitre. Et « l’aventure » finale m’a parue être en trop. Cela ajoute certes un élément dramatique à l’ensemble, mais ce n’était pas indispensable de mon point de vue.

Ce roman est donc sympathique et agréable, mais il n’en demeure pas moins qu’il ne s’agit que de littérature sentimentale assez simple (au-dessus du lot cependant) et qui ne restera pas dans ma mémoire.

La Dame de Wildfell Hall d’Anne Brontë

27 novembre 2014 at 11 h 00 min

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Encore une incursion dans la littérature anglaise du XIXème siècle. Cette fois-ci, j’ai décidé de découvrir la troisième des soeurs Brontë. Charlotte est connue pour Jane Eyre, que j’avais adoré étant adolescente et que j’ai relu de nombreuses fois depuis. Emily Brontë pour Les Hauts de Hurlevent, lu également durant ma jeunesse. La notoriété de la plus jeune des soeurs est moindre, mais j’ai voulu lire l’un de ses romans. Agnès Grey est le plus célèbre, mais l’histoire de la Dame de Wildfell Hall me tentait plus.

Mrs Graham vient de s’installer au manoir de Wildfell. Elle y vit en recluse avec sa bonne et son fils de 5 ans, et demeure très distante avec ses voisins. Ceux -ci sont très intrigués, mais l’intègrent peu à peu à leur vie, tout en trouvant là matière à commérage. Gilbert Markham, un fermier aisé, se sent peu à peu attiré par la jeune femme et va finir par découvrir son secret.

J’ai vraiment aimé ce livre, mais j’ai trouvé qu’il était inégal. La première partie est très intéressante, assez classique tant dans le récit que dans les personnages. On découvre peu à peu les caractères de chacun des personnages et les relations entre eux. La seconde partie marque une rupture car il s’agit du journal de Mrs Graham, qui raconte les événements qui l’ont conduite à vivre à Wildfell Hall. La troisième partie est la conclusion de l’histoire.

J’ai trouvé qu’Anne Brontë avait (comme ses soeurs) un vrai talent pour décrire les caractères et faire vivre ses personnages. L’histoire se lit très rapidement, même si ça s’essouffle un peu en fin de seconde partie à mon goût. L’histoire en elle-même est prenante, mais Anne Brontë a un peu trop tendance à avoir un ton moralisateur dans son discours par moments. Cela tient au propos du livre, mais m’a déplu car cela était parfois trop marqué et ce sont ces passages qui m’ont paru interminables. De même, le personnage d’Helen n’a que moyennement attiré ma sympathie au début, sans doute car je la trouve trop froide et rigide, même si à la fin on se rend compte du contraire. C’est une femme d’une grande force de caractère assez admirable. Les personnages secondaires sont cependant bien plus plaisants à mon goût, et j’aime beaucoup la façon dont l’auteur décrit leurs relations. Anne Brontë ne manque pas de mordant.

Un roman considéré comme l’un des premiers à être féministes. Je comprends pourquoi même si ce n’est pas ce qui saute le plus aux yeux de nos jours, du moins dans nos pays où la femme a un statut égal à celui de l’homme. Une excellente lecture en tout cas, qui m’a donné envie de découvrir Agnès Grey du même auteur. Et d’en savoir plus sur ces 3 soeurs qui ont marqué la littérature anglaise, même si elles sont toutes mortes jeunes…

Le Journal du capitaine Wentworth d’Amanda Grande

13 novembre 2014 at 13 h 52 min

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Et de trois ! Après le Journal du colonel Brandon et celui de Mr Darcy, voici celui du héros masculin de Persuasion de Jane Austen : le capitaine Frederick Wentworth !

C’est avec joie que je m’y suis plongée, car Persuasion est l’un de mes romans préférés de Jane Austen. J’aime énormément Anne Elliot et j’étais impatience de connaître les pensées du capitaine.

Comme toujours, c’est un peu bizarre un journal écrit sous cette forme : on n’y écrit pas des dialogues entiers normalement ! Mais passons… Comme toujours, l’histoire commence bien avant celle de Persuasion, à savoir 8 ans plus tôt, lors de la rencontre entre Anne et Frederick. J’ai été un peu déçue non pas de retrouver les personnages à ce moment de leur vie, mais du fait que l’histoire manque de passion. C’est tiède, on n’a pas vraiment l’impression que le capitaine Wentworth est amoureux. Après coup, je me suis dit qu’il est vrai que cela correspond plus au tempérament d’Anne et à leur histoire, mais ça manque quand même…

Passé ce premier tiers du roman, nous retrouvons les personnages huit ans plus tard. L’histoire est alors celle de Persuasion. C’est bien écrit, cela se lit avec plaisir et sans déplaisir car Amanda Grange ne colle pas trop au texte d’origine. On n’a donc pas l’impression de lire une version de Persuasion moins réussie que celle de Jane Austen.

Au final, un roman moins attrayant que les précédents, mais qui se lit quand même avec plaisir…

Ombres chinoises de Lisa See

6 novembre 2014 at 17 h 25 min

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Voici la suite de Filles de Shanghai du même auteur. Nous retrouvons ici Joy, la fille de Perle, qui s’est enfuie en Chine suite aux révélations concernant ses véritables origines. La Chine communiste l’enthousiasme, elle n’a qu’une envie : participer à cet effort collectif. Sa mère décide de partir la chercher. Ce retour en Chine est pour elle un plongeon dans le passé. La mère et la fille vont se retrouver, s’affronter, et vivre le Grand Bond en avant.

Ce roman est pour moi meilleur que Filles de Shanghai. L’histoire reprend où la précédente s’était arrêtée. On est ainsi directement plongés dans l’histoire et donc tout va très vite.

Aucun coup n’est plus douloureux que celui que vous porte un être qui prétend vous aimer plus que tout au monde.

Voir Perle revenir sur les lieux de son enfance est assez émouvant, on retrouve des personnages du tome précédent. Joy m’a un peu agacée car pour une américaine instruite, elle se comporte vraiment parfois comme une idiote.

Je ne connaissais pas du tout cette période de l’histoire chinoise, étant plus familière de la période de la Révolution Culturelle ou de la période précédente. J’ai ainsi été assez horrifiée de ce qu’il s’était passé durant ces quelques années. C’est assez terrifiant de voir à quel point les dirigeants chinois ont mis la politique au dessus du simple bon sens, menant le pays à la famine.

J’ai lu ce roman d’une traite. J’avoue que la seule chose qui m’ait déçue est la fin qui tranche trop avec le reste du roman. J’aurais aimé quelque chose de plus en demi-teinte…

Filles de Shanghai de Lisa See

5 novembre 2014 at 12 h 00 min

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Chine, 1937. May et Perle vivent à Shanghai et profitent de la vie aisée qu’elles mènent. Mais leur père est ruiné du jour au lendemain, et il les vend à des chinois de Californie. Les voici obligées de se marier puis de fuir leur pays envahi par les troupes japonaises.

J’ai lu ce roman très rapidement, en une journée. Si, si, commencé ce matin et fini dans l’après-midi (c’était un jour de congé). J’ai a-do-ré ! Bien plus que le Pavillon des Pivoines dans lequel j’ai eu un peu de mal à rentrer et que j’ai trouvé un peu longuet. Mais pas autant que Fleur de Neige cependant.

En prononçant ces mots, je me souviens du proverbe qui prétend que les catastrophes, comme les maladies, se transmettent oralement – ce qui signifie que certaines paroles peuvent se révéler aussi destructrices que les bombes.

Ce roman-ci, aucun problème pour y rentrer. Dès le départ j’ai été dedans. Même si le twist final ne m’a pas surprise (j’avais deviné quasi dès le début), j’ai quand même suivi avec passion l’histoire de May et Perle. Les relations sont comme toujours chez cet auteur bien dépeintes, les personnages subtils, pas tout noir ou tout blanc, l’histoire de la Chine en fond toujours aussi palpitante. Il y a des passages vraiment durs (notamment concernant la guerre sino-japonaise, mais j’ai lu bien pire). J’avoue cependant que May et Perle me sont parfois sorties par les yeux, avec leur égoïsme du début du roman. Et j’ai été agacée très régulièrement par les rappels comme quoi elles avaient été « de jeunes beauté ». Malgré cela, c’est un roman à lire sans hésiter.